S'immisçant au gré d'une partition virtuose au sein d'une famille d'industriels milanais, Io Sono l'Amore, le troisième long métrage de Luca Guadagnino (et celui qui le révélait), posait le réalisateur palermitain en digne héritier de Luchino Visconti. S'il s'essayait ensuite avec une réussite moindre à un remake détourné de La Piscine de Jacques Deray, échouant à reproduire le magnétisme du couple Delon-Schneider, Call Me By Your Name, son nouvel opus, le voit arpenter avec bonheur les allées du désir, matrice d'un cinéma à la sensualité léchée. Adapté du roman éponyme de l'écrivain américain André Aciman, classique de la littérature LGBT paru en français sous le titre Plus tard ou jamais, le film love dans la lumière délicate d'un été italien la rencontre entre Elio, un adolescent à l'âge des premiers émois, et Oliver, un étudiant américain venu passer quelques semaines dans la villa familiale. L'éveil amoureux qui s'ensuit produit un sentiment d'ivresse auquel l'on s'abandonne avec délice, et un an après sa première à la Berlinale, Call Me By Your Name n'en finit plus de fédérer public et critiques -ainsi, en octobre dernier, au festival de Zurich, cadre d'une rencontre détendue avec le cinéaste.
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