Dimanche 14/10, 16h00, La Une.
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Grande journée électorale oblige, ce dimanche sera du côté de la RTBF comme de RTL/TVI placé sous le signe de la politique. Sur le service public, Nathalie Maleux, François De Brigode et Ophélie Fontana prendront l'antenne dès 16 heures pour dévoiler les premiers résultats du scrutin et les impressions des différents partis. Avec en corollaire des invités en plateau et des reportages aux quatre coins du pays (en collaboration avec les télés locales). Même heure, autre endroit. C'est Christophe Deborsu qui, sur la chaîne privée, prendra les commandes d'un marathon prévu jusque tard dans la soirée. Suspense, suspense? 693.873 Belges iront voter pour la première fois lors du scrutin communal et provincial du 14 octobre. Ils représenteront 8,53% des électeurs. Jamais les jeunes n'ont été aussi nombreux à découvrir les urnes. Un phénomène dû à une longue période sans élection mais qui génère son lot d'incertitudes... À vos pronostics. J.B."Moi, je ne rêve jamais durant mon sommeil. Je dors comme une taupe. Mais quand je suis réveillé, je rêve toujours." Ainsi parle l'artiste catalan à l'imaginaire enfantin Joan Miró. Souvent perçu comme consensuel et naïf alors que nihiliste et subversif, le natif de Barcelone (dans une famille de commerçants) était un farouche opposant à Franco. Il a dépassé la peinture pour se rapprocher de la poésie (ses poèmes-tableaux) et voulait même la tuer. Du moins celle académique et mercantile. Lui qui a toujours préféré la liberté absolue et totale au dogme...Alors qu'une rétrospective lui est consacrée depuis le 3 octobre au Grand Palais à Paris, le documentaire d'Albert Solé se promène à Barcelone, dans son atelier à Palma de Majorque et dans la cité des Fusains au coeur de Montmartre pour raconter l'homme aux 2 000 tableaux, sans compter les dessins, tapis et céramiques. Le feu intérieur dépeint ses relations avec Picasso, le surréalisme, Breton, Calder et visite l'oeuvre protéiforme d'un touche-à-tout. Cet intéressant portrait, habilement et joliment mené, guidé par son petit-fils qui administre le patrimoine, s'inscrit dans le cycle Peintres d'Arte. D'ici le 28 octobre s'enchaîneront entre autres des docus sur Jérôme Bosch, Egon Schiele et Basquiat, mais aussi les films de Mike Leigh et Pialat sur Turner et van Gogh... J.B.Inspiré par un jeu télévisé à succès italien de la Rai (L'Eredità), Les Associés est apparu fin septembre sur les grilles de la RTBF. Mettant à l'épreuve la culture générale, la concentration et la mémoire, l'émission présentée par Sara De Paduwa oppose quatre candidats sur cinq manches. Il y a L'Escalade, 20 questions genre blanc ou noir qu'il faut enchaîner en 60 secondes en reprenant tout depuis le début à chaque mauvaise réponse; La Bonne Année, qui consiste à relier dates et événements; L'Intrus qu'on ne peut pas prononcer; Les Penalties, un face-à-face sur cinq interrogations chacun, et puis La Guillotine, en finale, où il s'agit de trouver un mot mystère. Ça cultive moins que Questions pour un champion, ça manque de rythme et ça bavarde beaucoup. Mais à cette heure de la journée, entre Quatre mariages pour une lune de miel sur TF1 et les mots fléchés de Slam sur France 3, Les Associés reste un relativement bon choix... J.B.À l'heure où Rupert Everett incarne admirablement Oscar Wilde dans son The Happy Prince, une belle idée de programmation d'Arte nous permet de voir ou de revoir le film qui le révéla. L'acteur anglais avait 24 ans quand il débarqua au Festival de Cannes pour présenter Another Country, aux côtés d'autres jeunes comédiens appelés à faire leur chemin, Colin Firth en tête. Le film s'inspire de l'affaire des "cinq de Cambridge", un petit groupe d'espions au service de l'URSS (durant la Seconde Guerre mondiale et les débuts de la guerre froide) qui avaient tous étés étudiants de la fameuse université britannique. Everett incarne l'un d'entre eux, avec charme et brio, mais aussi toute la complexité nécessaire. Il avait déjà joué le rôle sur scène, dans la pièce du même nom que Marek Kanievska sut fort bien adapter. De manière intéressante, le personnage est homosexuel comme Everett, qui allait rapidement s'afficher au grand jour, préférant l'honnêteté au placard, même si sa carrière en fut parfois fort affectée. L.D.C'est une enquête sur l'un des trafics les plus rentables au monde. Celui des cornes de rhinocéros. Interdit depuis 40 ans, il prospère à du 30.000 euros le kilo. Aussi cher que l'or et l'héroïne... De quoi corrompre juges, policiers et payer bien des méfaits. Les cornes sont essentiellement vendues en Chine et au Viêtnam, où on leur prête des vertus miraculeuses (aucune étude sérieuse n'a évidemment prouvé leurs bienfaits) et où elles sont devenues un élément indispensable des soirées chic. Le champ de bataille, c'est l'Afrique du Sud, où la plupart des derniers rhinos vivent aujourd'hui... Les parcs ont leur brigade criminelle chargée des enquêtes. Mais au rythme actuel, l'espèce aura disparu d'ici 20 ans. Courant sur deux longues années, le documentaire d'Olivia Mokiejewski lève le voile sur un business sauvage lié au crime organisé. Il suit des trafiquants forts en pub qui prétendent pouvoir guérir du cancer et vantent des vertus aphrodisiaques. Il rencontre des milices privées qui luttent contre les braconniers malgré l'ampleur désespérante de la tâche et parle à un drôle de type qui décorne ses bêtes dans les règles de l'art mais n'a pas le droit de vendre son stock. Si sa musique, sensationnaliste, a tendance à taper sur le système, Rhino Dollars reste une solide enquête sur un trafic animal particulièrement brutal. J.B.La réalisatrice suisse Floriane Devigne aborde le sujet de l'intersexualité d'une manière intime et généreuse, sensible et sans excès de pudeur. Grâce à une habile superposition animée, le corps de M, 27 ans, est recouvert d'une pellicule blanche, comme pour gommer toute attribution de genre et faciliter la projection du spectateur et son écoute attentive d'une histoire touchante et ordinaire, couplée à d'autres qui le sont tout autant. "Je rêve parfois que je n'ai plus ni hanches ni fesses ni jambes. Ma folie ne va pas jusque-là. Il n'y a que le milieu qui m'encombre, son inutilité me glace." Lorsqu'une personne se bat avec le sexe qui lui a été assigné, son corps et son identité peuvent être un fardeau. M s'ouvre à Deborah, elle aussi jeune intersexuée, universitaire en études de genre en plein mémoire sur la question. Leurs discussions et les réflexions intérieures enclenchées vont bouleverser leurs vies et sans doute aussi les idées reçues des spectateurs. En interrogeant notre regard, les normes sociales que nous nous laissons imposer, c'est toute la définition de la sexualité, de l'identité, de l'homme et de la femme qui prend un coup de jeune.Histoire d'ouvrir encore le propos, la soirée se poursuit avec Songs for Alexis (01h30), pépite de documentaire signé en 2014 par Elvira Lind, qui se penche sur l'histoire d'amour entre Ryan, adolescent transgenre, et sa copine Alexis. Face aux écueils, aux obstacles, aux jugements et aux courtes vues, Ryan déploie une chaîne YouTube sur laquelle il laisse libre cours à son humour, ses stratégies amoureuses et ses failles. La caméra d'Elvira Lind se glisse avec une immense tendresse dans les recoins de cette histoire d'amour qui ressemble à tant d'autres, quand elle se débarrasse des clichés et des assignations douloureuses.Ces deux documentaires, aux frontières du cinéma et de l'autofiction, sont un véritable onguent après la première partie de cette soirée "sexe" démarrée sur de navrantes prémices. Dans La Sexualité dans tous ses états (21h), nouvel épisode des Aventures de médecine, le bon docteur Michel Cymes aborde la question "sans voyeurisme et sans tabou" mais avec un angle médical et pathologique traditionnel et franchement pas très adroit. Exemple: à propos des effets du Viagra qui permet à papy en pleine déconfiture érectile de tenir cinq heures au garde-à-vous, Cymes s'esbaudit sans la moindre considération pour la dame qui doit subir les assauts répétés de son bonhomme ragaillardi. L'émission a le mérite de retracer l'historique de notre rapport contrarié au sexe, de ses maladies (l'endométriose, notamment, qui touche une Française sur dix) avec un ton qui bouscule tout de même un peu le cadre médical pourtant étriqué au départ. N.B.Gérard Depardieu et Michel Blanc au lit. Ensemble! L'image n'a pas manqué d'agiter les festivaliers cannois, au mois de mai 1986. Bertrand Blier pouvait être satisfait de son nouveau "coup", et Blanc accepter son prix d'interprétation masculine. Il n'y eut pas récidive, quelques mois plus tard, à la cérémonie des Césars. Tenue de soirée avait la bagatelle de huit nominations... mais repartit bredouille. C'est le très beau, très maîtrisé et très catholique Thérèse d'Alain Cavalier qui triompha, on ne peut plus différent du Blier où un couple désargenté (Blanc et Miou-Miou) se retrouve sous la domination d'un inconnu friqué (Depardieu) nettement plus intéressé par lui que par elle. Homosexualité, prostitution et travestissement figurent en bonne place dans cette grinçante comédie du réalisateur de Buffet froid. L'ensemble n'a rien perdu de son sulfureux impact malgré les trois décennies écoulées depuis le scandale cannois... L.D.Yannick Moreau, criminel notoire, se retrouve contraint à collaborer avec la justice pour échapper à une condamnation dans une sinistre histoire de drogues. Il va balancer ses complices, membres d'une famille criminelle quelque peu rancunière, et sera forcé de quitter sa région natale, le Nouveau-Brunswick, pour suivre un programme de protection des témoins au Québec. Nanti de sa nouvelle identité, Yannick, qui s'appelle désormais Jean-François Gagnon, tente de trouver une rédemption qui lui échappe alors que ses anciens compagnons n'ont qu'une idée en tête: retrouver sa trace et lui dire des mots doux au creux de l'oreille. Servi par des acteurs solides, des décors somptueux, une action à couteaux tirés et des dialogues qui fleurent bon les hormones masculines, le scénario n'arrive pas à sortir des clichés du genre. Ce polar acadien mâtiné de thriller psychologique est un divertissement dépaysant, qui ne renouvelle pas pour autant un genre exploité à outrance dans la fiction télé. N.B.Remarquée dans l'excellente série limbourgeoise Beau Séjour (diffusée sur Arte en 2017), la comédienne flamande Lynn Van Royen revient enfin à l'écran dans cette série policière de création danoise mais de production européenne. La première saison avait inauguré le concept d'une histoire impliquant différents services de police à travers l'Union. Cette deuxième saison poursuit l'idée et plonge dans les questions de terrorisme international, de crise migratoire, de manipulation xénophobe et de trafic d'art. Une "équipe commune d'enquête transfrontalière" piste l'auteur d'un meurtre sauvage perpétré dans une maison d'hôtes où des migrants avaient trouvé refuge. Un détective de Hambourg, une commissaire danoise et une jeune inspectrice de la cellule antiterroriste belge s'enfoncent dans les méandres d'une sombre affaire dont les relents évoquent les polémiques politiques actuelles. Ce thriller sombre aux tonalités un peu trop convenues réussit néanmoins à nous intéresser et nous questionner sur la complexité d'un monde qui échappe de plus en plus à nos représentations datées. N.B.En trois épisodes, la série Pourquoi nous détestent-ils? se penche, avec humour, intelligence et une certaine dose de corrosion, sur les relations qu'entretient la France (et par prolongement, nous-mêmes) avec certaines de ses minorités. Le second volet se pose de manière parfaitement synchrone sur un impensé qui colonise encore nos esprits biaisés par l'ethnocentrisme: la couleur de peau dérange, agace, fait peur. Pourquoi tant de haine? Le réalisateur et comédien Lucien Jean-Baptiste s'arme d'humour pour chercher à comprendre pourquoi la couleur de la peau peut, aujourd'hui encore, véhiculer des clichés du siècle dernier... Sympathique et enfantin, bon danseur et bien membré, dangereux et indiscipliné, l'homme noir est affublé des pires lieux communs. La femme noire n'est pas en reste, confinée à son statut de totem sexuel, de mauvaise mère, corvéable à merci. Pire encore est la détestation qui suinte consciemment ou inconsciemment de ses représentations. Universitaires, journalistes, pour le coup puisés également dans le vivier intellectuel racisé -ça nous change des dispositifs habituels- échangent entre deux capsules humoristiques sur les racines d'un mal bien de notre époque, et dont il est temps qu'elle se défasse. N.B.Trois élèves d'un lycée public sinistré se retrouvent propulsés dans une école privée réservée à "l'élite" de la société. Entre coups bas, fêtes orgiaques et intrigues de fond de cours, Elite glisse une histoire criminelle dans sa trame clairement orientée plaisirs d'ados, qui ne fait pas l'économie des clichés habituels: sexe, drogues et duckfaces. Sur fond de lutte des classes, au propre comme au figuré, la série tente de tordre le cou aux multiples préjugés sociaux, raciaux et de genre. Grisée par le succès de La Casa del Papel, Netflix a repris quelques visages de sa série culte (Miguel Herrán, Jaime Lorente, Maria Pedraza) et semble miser beaucoup sur cette nouvelle création aguicheuse. N.B.