Si le thème de la folie était déjà présent dans le spectacle précédent de Céline Delbecq, Le vent souffle sur Erzebeth, il claque dès le titre de sa nouvelle création: Cinglée. Et quand la jeune artiste (meilleure auteure aux Prix de la Critique en 2016 pour L'Enfant sauvage) parle de la genèse de son texte, elle explique que la première personne concernée par cet intitulé, c'est d'abord elle-même. "Je présentais Phare, le monologue d'une femme qui a le courage de quitter l'homme qu'elle aime profondément mais qui la cogne, raconte-t-elle. En 2017, à l'issue d'une représentation, alors que je venais de dire qu'une femme meurt tous les trois jours en France et tous les huit jours en Belgique des suites de violences conjugales, un homme a pris la parole: "Vous avez vraiment une vision très négative des hommes!" Je ne faisais qu'énoncer des faits, des chiffres incontestables, et on me dit ça. Il y a donc clairement quelque chose qui ne s'entend pas. J'ai pensé qu'il y avait de quoi devenir cinglée. Qu'est-ce qui fait que savoir que ça existe n'empêche pas que ça existe? Ça a été la question de base."
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