Quand le confinement démarre en mars dernier, le comédien belge de théâtre tournait avec 3 spectacles simultanés: Princesse Belgique, L'Étoffe des songes et La Vieille qui marchait dans la mer. Il donnait également quelques cours d'improvisation théâtrale dans les écoles. Tout a été stoppé brutalement, sans préavis; la faute à la crise sanitaire. "Le plus dur, après un temps, c'était le manque de perspective, nous confie-t-il au lendemain de la troisième itération de l'action Still Standing. Le secteur culturel n'était même pas cité dans les débats et même les citoyens avaient l'air de ne pas s'en soucier." L'objectif de l'action était évidemment de donner de la voix, se faire entendre. Jusque-là, les manifestations culturelles étaient calmes, paisibles voire festives; à l'image du secteur qu'elles représentent. Mais désormais, c'est la colère qui commence à prendre de plus en plus de place. "Je commence à ressentir une certaine violence par rapport à des décideurs politiques qui nous oublient, le côté festif et pacifiste qui était de mise dans le milieu culturel, lors des revendications, ça ne suffit plus. La seule réponse politique que le secteur culturel a eue, c'était la confirmation que la situation ne va pas bouger."

"En septembre, le monde a un sursaut d'espoir, quelques spectacles reprennent, poursuit-il. Pour ces spectacles, des mesures sanitaires ont été prises, et respectées. Et il a été prouvé que ces mesures fonctionnaient, aucun cluster n'a été déclenché. On veut des perspectives, une date de réouverture ou au moins des arguments pour justifier que nos salles restent fermées."

Le mouvement Still Standing for culture s'est tenu ce samedi dans la plupart des grandes villes du pays. Près de 500 actions d'ampleurs différentes ont eu lieu. Concerts masqués, théâtre muselé, cirque camisolé: la revendication et la critique étaient au menu de cette manifestation nationale. Les professionnels de la culture s'y trouvaient, mais pas seulement: nombre de citoyens lambdas y ont également assisté en soutien du secteur culturel. "Je pense que le manque de culture commence à se faire ressentir par les citoyens, soulève-t-il, ils ont enfin pris conscience qu'ils avaient besoin d'aller au théâtre, au cinéma, d'assister à un concert."

À Dinant, de la musique live, des lectures, les affiches de tous les professionnels à l'arrêt parce que considérés comme non essentiels. À Anseremme, les affiches des spectacles annulés ont été brulées dans un braséro. Une file d'attente silencieuse reliait une salle de spectacle à un restaurant, pour illustrer le lien privilégié qui lie l'Horeca à la culture.

Charles Christiaens

Quand le confinement démarre en mars dernier, le comédien belge de théâtre tournait avec 3 spectacles simultanés: Princesse Belgique, L'Étoffe des songes et La Vieille qui marchait dans la mer. Il donnait également quelques cours d'improvisation théâtrale dans les écoles. Tout a été stoppé brutalement, sans préavis; la faute à la crise sanitaire. "Le plus dur, après un temps, c'était le manque de perspective, nous confie-t-il au lendemain de la troisième itération de l'action Still Standing. Le secteur culturel n'était même pas cité dans les débats et même les citoyens avaient l'air de ne pas s'en soucier." L'objectif de l'action était évidemment de donner de la voix, se faire entendre. Jusque-là, les manifestations culturelles étaient calmes, paisibles voire festives; à l'image du secteur qu'elles représentent. Mais désormais, c'est la colère qui commence à prendre de plus en plus de place. "Je commence à ressentir une certaine violence par rapport à des décideurs politiques qui nous oublient, le côté festif et pacifiste qui était de mise dans le milieu culturel, lors des revendications, ça ne suffit plus. La seule réponse politique que le secteur culturel a eue, c'était la confirmation que la situation ne va pas bouger.""En septembre, le monde a un sursaut d'espoir, quelques spectacles reprennent, poursuit-il. Pour ces spectacles, des mesures sanitaires ont été prises, et respectées. Et il a été prouvé que ces mesures fonctionnaient, aucun cluster n'a été déclenché. On veut des perspectives, une date de réouverture ou au moins des arguments pour justifier que nos salles restent fermées."Le mouvement Still Standing for culture s'est tenu ce samedi dans la plupart des grandes villes du pays. Près de 500 actions d'ampleurs différentes ont eu lieu. Concerts masqués, théâtre muselé, cirque camisolé: la revendication et la critique étaient au menu de cette manifestation nationale. Les professionnels de la culture s'y trouvaient, mais pas seulement: nombre de citoyens lambdas y ont également assisté en soutien du secteur culturel. "Je pense que le manque de culture commence à se faire ressentir par les citoyens, soulève-t-il, ils ont enfin pris conscience qu'ils avaient besoin d'aller au théâtre, au cinéma, d'assister à un concert."À Dinant, de la musique live, des lectures, les affiches de tous les professionnels à l'arrêt parce que considérés comme non essentiels. À Anseremme, les affiches des spectacles annulés ont été brulées dans un braséro. Une file d'attente silencieuse reliait une salle de spectacle à un restaurant, pour illustrer le lien privilégié qui lie l'Horeca à la culture. Charles Christiaens