Cet automne, Bruxelles déroule le tapis rouge à Romeo Castellucci, en déployant les différentes facettes artistiques du trublion italien: la mise en scène de La Flûte enchantée à La Monnaie, une carte blanche pour la Cinematek, une installation à Bozar dans le cadre de l'exposition consacrée au peintre caravagesque Théodore van Loon, une performance dans la nouvelle saison d'expos du Kanal - Centre Pompidou... Il faut dire que, entre l'homme de théâtre, plasticien et scénographe et la capitale belge, le lien est ancien. En 1988 déjà, le toujours pionnier Théâtre 140 présentait son Santa Sofia.Teatro Khmer, où une énorme reproduction d'une icône byzantine représentait le Christ Pantocrator. Dix ans plus tard, le Kunstenfestivaldesarts, sous l'égide de sa fondatrice Frie Lysen, accueillait son Giulo Cesare, déclinaison de la tragédie de Shakespeare où le décor était brûlé et où un cheval évoluait sur scène. Et c'est à La Monnaie, en 2011, à l'instigation du directeur Peter de Caluwe, que Castellucci s'était lancé dans sa première mise en scène d'opéra, avec le Parsifal de Wagner. "C'est un opéra qu'il est impossible de monter. Alors comme c'était déjà un désastre, je me suis dit pourquoi pas?" se rappelle-t-il alors qu'on le rencontre à Bruxelles.
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