A lui seul, il a attiré une énorme partie de la fréquentation théâtrale hexagonale avec des méga-productions telles que "Un homme nommé Jésus" (700.000 spectateurs), "L'affaire du courrier de Lyon" (600.000) ou encore "Notre-Dame de Paris" (480.000).

Mais bien avant de remplir le Palais des Sports à Paris, Robert Hossein fut d'abord un sex-symbol.

Dans les années 60, plus qu'un homme, il incarne un fantasme, celui qui enlace Michèle Mercier dans "Angélique, marquise des anges". Le beau et ténébreux balafré Joffrey de Peyrac lui confèrera une aura internationale.

C'est très loin de la jet-set qu'il grandit pourtant, entre une chambre de bonne à Paris - "où ma famille pissait sur le palier" - et de multiples pensionnats. Né le 30 décembre 1927 d'un père iranien zoroastrien compositeur et d'une mère russe orthodoxe, Robert Hossein est un enfant imaginatif, pratiquant ardemment l'école buissonnière.

"Mes parents étaient magnifiques mais sans un rond. J'étais livré à moi-même. J'étais le chat botté toujours en train d'inventer un stratagème pour survivre", raconte-t-il dans son livre "Lumière et Ténèbres" (2002). "Je me tirais, j'allais au cinoche. Au retour, je jouais tous les rôles, j'embellissais, je mélangeais tous les univers qui me faisaient rêver (...) Je n'ai pas changé".

Après la guerre, il décide à 15 ans de se consacrer à l'art dramatique. Il suit les cours de René Simon, vit d'expédients à Saint-Germain-des-Prés. Il y rencontre les écrivains Jean-Paul Sartre et Jean Genet.

"Dieu m'aide pour tout"

En 1950, il remplace au pied levé Daniel Gélin dans "La neige était sale", adaptation théâtrale d'un roman de Georges Simenon. Il y rencontre Frédéric Dard. "J'ai vu débarquer une espèce de loup insolent, l'air famélique, mal fringué, avec un regard de braise", disait l'auteur des romans policiers "San Antonio", qui deviendra son grand ami.

Il fait ses débuts au cinéma en 1948 dans "Le Diable boiteux" de Sacha Guitry, puis il donne la réplique à Brigitte Bardot dans "Le repos du guerrier" (1962). Il devient l'acteur fétiche de Roger Vadim ("Le Vice et la Vertu" en 1963, "Barbarella" en 1968).

En 1955, il réalise son premier film, "Les salauds vont en enfer", adaptation d'un San Antonio, où il joue avec sa première femme, Marina Vlady. Il réalise aussi les films policiers "Pardonnez nos offenses" (1956) et "Toi le venin" (1959).

A 34 ans, il épouse la fille de Françoise Giroud, la future pédo-psychiatre Caroline Eliacheff, tout juste âgée de 15 ans. Arrivent les "Angélique" qui le consacrent comme vedette internationale.

Pourtant, en 1970, le "Casanova de midinettes" comme l'appelait l'auteure Marguerite Duras, décide de tout quitter. "Je n'aboutissais à rien, je devenais esclave de mon image". "Je ne suis pas mondain pour un sou. Ces ronds de jambe, ces couilleries, j'en ai rien à foutre", déclare-t-il plusieurs années après.

Seul, il part à Reims (est) où il fonde son "théâtre populaire" et une école dont sortiront les comédiennes Anémone et Isabelle Adjani.

Son slogan: "du théâtre comme au cinéma!". Une vision qui lui fait mêler lumières, musiques, textes classiques et grands sentiments. Huit ans et dix-sept créations plus tard, Reims est reconnu scène nationale, les subventions affluent. Il décide paradoxalement de partir et plonge dans une profonde dépression.

A partir de 1978, il monte un spectacle tous les deux ans dans des salles gigantesques où il prêche l'espérance. De Jules César au pape Jean Paul II, il raconte, avec l'historien Alain Decaux, des personnages historiques. Son oeuvre devient un théâtre de masse qui parle au coeur.

"La Terre est en danger de mort. Je me suis dit: il faut une prise de conscience universelle pour nous sortir de la merde et réorganiser la Terre, le sable, la mer et tout le monde", clamait-il de sa voix rocailleuse.

A 50 ans, il se fait baptiser en même temps que son fils Julien, fruit d'un troisième mariage. "Ce n'est pas moi qui monte le spectacle, Dieu m'aide pour tout", aimait répéter cet humaniste mystique et souvent grandiloquent.

"Si le public ressort de mes spectacles avec au coeur l'envie d'aimer un peu plus son prochain, avec l'envie de se battre pour plus de fraternité, avec le dégoût de l'injustice et de l'inégalité, alors je suis content, je pense avoir été utile".

A lui seul, il a attiré une énorme partie de la fréquentation théâtrale hexagonale avec des méga-productions telles que "Un homme nommé Jésus" (700.000 spectateurs), "L'affaire du courrier de Lyon" (600.000) ou encore "Notre-Dame de Paris" (480.000).Mais bien avant de remplir le Palais des Sports à Paris, Robert Hossein fut d'abord un sex-symbol.Dans les années 60, plus qu'un homme, il incarne un fantasme, celui qui enlace Michèle Mercier dans "Angélique, marquise des anges". Le beau et ténébreux balafré Joffrey de Peyrac lui confèrera une aura internationale.C'est très loin de la jet-set qu'il grandit pourtant, entre une chambre de bonne à Paris - "où ma famille pissait sur le palier" - et de multiples pensionnats. Né le 30 décembre 1927 d'un père iranien zoroastrien compositeur et d'une mère russe orthodoxe, Robert Hossein est un enfant imaginatif, pratiquant ardemment l'école buissonnière."Mes parents étaient magnifiques mais sans un rond. J'étais livré à moi-même. J'étais le chat botté toujours en train d'inventer un stratagème pour survivre", raconte-t-il dans son livre "Lumière et Ténèbres" (2002). "Je me tirais, j'allais au cinoche. Au retour, je jouais tous les rôles, j'embellissais, je mélangeais tous les univers qui me faisaient rêver (...) Je n'ai pas changé".Après la guerre, il décide à 15 ans de se consacrer à l'art dramatique. Il suit les cours de René Simon, vit d'expédients à Saint-Germain-des-Prés. Il y rencontre les écrivains Jean-Paul Sartre et Jean Genet."Dieu m'aide pour tout"En 1950, il remplace au pied levé Daniel Gélin dans "La neige était sale", adaptation théâtrale d'un roman de Georges Simenon. Il y rencontre Frédéric Dard. "J'ai vu débarquer une espèce de loup insolent, l'air famélique, mal fringué, avec un regard de braise", disait l'auteur des romans policiers "San Antonio", qui deviendra son grand ami.Il fait ses débuts au cinéma en 1948 dans "Le Diable boiteux" de Sacha Guitry, puis il donne la réplique à Brigitte Bardot dans "Le repos du guerrier" (1962). Il devient l'acteur fétiche de Roger Vadim ("Le Vice et la Vertu" en 1963, "Barbarella" en 1968).En 1955, il réalise son premier film, "Les salauds vont en enfer", adaptation d'un San Antonio, où il joue avec sa première femme, Marina Vlady. Il réalise aussi les films policiers "Pardonnez nos offenses" (1956) et "Toi le venin" (1959). A 34 ans, il épouse la fille de Françoise Giroud, la future pédo-psychiatre Caroline Eliacheff, tout juste âgée de 15 ans. Arrivent les "Angélique" qui le consacrent comme vedette internationale.Pourtant, en 1970, le "Casanova de midinettes" comme l'appelait l'auteure Marguerite Duras, décide de tout quitter. "Je n'aboutissais à rien, je devenais esclave de mon image". "Je ne suis pas mondain pour un sou. Ces ronds de jambe, ces couilleries, j'en ai rien à foutre", déclare-t-il plusieurs années après.Seul, il part à Reims (est) où il fonde son "théâtre populaire" et une école dont sortiront les comédiennes Anémone et Isabelle Adjani.Son slogan: "du théâtre comme au cinéma!". Une vision qui lui fait mêler lumières, musiques, textes classiques et grands sentiments. Huit ans et dix-sept créations plus tard, Reims est reconnu scène nationale, les subventions affluent. Il décide paradoxalement de partir et plonge dans une profonde dépression.A partir de 1978, il monte un spectacle tous les deux ans dans des salles gigantesques où il prêche l'espérance. De Jules César au pape Jean Paul II, il raconte, avec l'historien Alain Decaux, des personnages historiques. Son oeuvre devient un théâtre de masse qui parle au coeur."La Terre est en danger de mort. Je me suis dit: il faut une prise de conscience universelle pour nous sortir de la merde et réorganiser la Terre, le sable, la mer et tout le monde", clamait-il de sa voix rocailleuse. A 50 ans, il se fait baptiser en même temps que son fils Julien, fruit d'un troisième mariage. "Ce n'est pas moi qui monte le spectacle, Dieu m'aide pour tout", aimait répéter cet humaniste mystique et souvent grandiloquent. "Si le public ressort de mes spectacles avec au coeur l'envie d'aimer un peu plus son prochain, avec l'envie de se battre pour plus de fraternité, avec le dégoût de l'injustice et de l'inégalité, alors je suis content, je pense avoir été utile".