Quand, au crépuscule de la cinquantaine, il prit à la soprano Renée Fleming la fantaisie de faire ses adieux à la scène, c'est - outre la fatigue et le poids de rôles inhumains - la place croissante de la HD et de l'opéra au cinéma qu'elle pointa du doigt. "Voyez-vous, dit-elle en substance à un parterre de micros fébrilement tendus, quand on a 60 ans et qu'on sent braquées sur chacune de ses rides plusieurs caméras de haute définition qui n'ont pas la moindre intention d'être clémentes et qu'on doit camper une jeune fille de 16 ans, on se sent un peu vulnérable." Et comme il n'existe pas de rôle de femme mûre à l'opéra, Renée Fleming tira sa révérence sur la pointe des pieds.
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