La mariée, toute en dents est évidemment superbe. Combien de jours de préparatifs, de recommandations, de répétitions ! Les rôles ont été distribués, la mama a tout prévu. Les enfants y abandonnent leur spontanéité même si, on le devine, ce ne sera que très passager. Le gamin s'est figé. Comme ses cheveux et son noeud de cravate mais sa chemise se rebelle. Sa grande soeur a beaucoup souffert chez le coiffeur. Elle surveille son frère. Un jour, ce sera à son tour d'être la plus belle. La petite ne comprend rien à ce théâtre. La scène se passe à Cuba et désigne on ne peut mieux un état du présent pris en sandwich entre la tradition, la grandeur du passé lointain et le futur annoncé. Le décor à son tour explicite le propos. Les couleurs d'abord en ces accords entre le vert d'eau des murs et le rouge des marches que viennent exalter les roses et les fushias. Puis les noirs, entre les costumes et les boiseries ou encore les dos en claires-voies (des fers forgés aux bas-nylon). Enfin, les petites piqûres de rappel évocatrices des fausses notes : l'interrupteur 110 volts, le guéridon vide. De Keyzer possède cet art de capter la vie plutôt que le convenu et dans ces instants du quotidien, il révèle à qui sait le voir, toute une culture en quête d'identité. Il lui faut pour cela deux qualités essentielles : l'oeil d'un peintre et l'empathie. L'exposition réunit 60 tirages tous aussi exceptionnels : des scènes de rues et d'intérieurs, la foule et les solitaires, une femme qui prie, d'autres qui dansent ou s'entraînent à la boxe, un terrain de jeux, une décharge, un hôtel chic, une plaine de jeux...

Bruxelles, Galerie Roberto Polo. Carl De Keyzer Cuba La Lucha. 8-12 rue Lebeau. Jusqu'au 15 mai. www.robertopologallery.com

La mariée, toute en dents est évidemment superbe. Combien de jours de préparatifs, de recommandations, de répétitions ! Les rôles ont été distribués, la mama a tout prévu. Les enfants y abandonnent leur spontanéité même si, on le devine, ce ne sera que très passager. Le gamin s'est figé. Comme ses cheveux et son noeud de cravate mais sa chemise se rebelle. Sa grande soeur a beaucoup souffert chez le coiffeur. Elle surveille son frère. Un jour, ce sera à son tour d'être la plus belle. La petite ne comprend rien à ce théâtre. La scène se passe à Cuba et désigne on ne peut mieux un état du présent pris en sandwich entre la tradition, la grandeur du passé lointain et le futur annoncé. Le décor à son tour explicite le propos. Les couleurs d'abord en ces accords entre le vert d'eau des murs et le rouge des marches que viennent exalter les roses et les fushias. Puis les noirs, entre les costumes et les boiseries ou encore les dos en claires-voies (des fers forgés aux bas-nylon). Enfin, les petites piqûres de rappel évocatrices des fausses notes : l'interrupteur 110 volts, le guéridon vide. De Keyzer possède cet art de capter la vie plutôt que le convenu et dans ces instants du quotidien, il révèle à qui sait le voir, toute une culture en quête d'identité. Il lui faut pour cela deux qualités essentielles : l'oeil d'un peintre et l'empathie. L'exposition réunit 60 tirages tous aussi exceptionnels : des scènes de rues et d'intérieurs, la foule et les solitaires, une femme qui prie, d'autres qui dansent ou s'entraînent à la boxe, un terrain de jeux, une décharge, un hôtel chic, une plaine de jeux...