Dans cette pénombre, l'attirance du jour, par-delà la fenêtre, désigne la proximité du voisinage. Mais aucun signe, aucun appel que cherche pourtant la fillette à la jupe brune. Pourtant, il se passe bel et bien quelque-chose dans cet intérieur. Un presque rien qui dérange et tient au personnage assis, sa soeur peut-être, dans un fauteuil de style.

Le peignoir s'est entrouvert, dégageant la poitrine de l'actrice principale. Elle a tendu la jambe gauche à la manière d'une danseuse, plié celle de droite en appui et renversé la tête afin d'étendre le bras vers le chat. Serait-ce lui vers lequel converge le désir de caresse de cette enfant dont le corps raidi évoque davantage celui d'une marionnette que celui d'une gamine au tournant de l'enfance et de l'adolescence?

L'animal, accroché de manière tout à fait invraisemblable au dossier fixe une proie que nous ne verrons pas. Que se passe-t-il entre eux ? Elle s'offre au chat. Et le félin menace celui qui, en ce moment, invisible à nos yeux, se fait voyeur. Mais n'est-ce pas cela que suggère dans son oeuvre, le peintre Balthus ? N'est-ce pas notre regard qu'il convoque en induisant au coeur de notre désir de "voir", des parts d'ombre refoulées ?

Et cela fonctionne d'autant mieux que l'artiste (qui s'est souvent associé au chat), prolonge une lignée qui va de Masaccio et Piero Della Francesca à Courbet et propose une peinture dont la matière, les formes et la structure ne peuvent que fasciner.

Depuis sa mort, les expositions Balthus se font rares. A Vienne, le Kunsforum a réuni des pièces exceptionnelles venues de Londres, Chicago, New-York et Paris. Aux côtés des toiles, le visiteur découvre aussi un ensemble de dessins ainsi que des photographies de modèles mis en scène par le peintre.

Vienne, Kunstforum. Jusqu'au 19 juin. www.kunstforumwien.at

Dans cette pénombre, l'attirance du jour, par-delà la fenêtre, désigne la proximité du voisinage. Mais aucun signe, aucun appel que cherche pourtant la fillette à la jupe brune. Pourtant, il se passe bel et bien quelque-chose dans cet intérieur. Un presque rien qui dérange et tient au personnage assis, sa soeur peut-être, dans un fauteuil de style.Le peignoir s'est entrouvert, dégageant la poitrine de l'actrice principale. Elle a tendu la jambe gauche à la manière d'une danseuse, plié celle de droite en appui et renversé la tête afin d'étendre le bras vers le chat. Serait-ce lui vers lequel converge le désir de caresse de cette enfant dont le corps raidi évoque davantage celui d'une marionnette que celui d'une gamine au tournant de l'enfance et de l'adolescence?L'animal, accroché de manière tout à fait invraisemblable au dossier fixe une proie que nous ne verrons pas. Que se passe-t-il entre eux ? Elle s'offre au chat. Et le félin menace celui qui, en ce moment, invisible à nos yeux, se fait voyeur. Mais n'est-ce pas cela que suggère dans son oeuvre, le peintre Balthus ? N'est-ce pas notre regard qu'il convoque en induisant au coeur de notre désir de "voir", des parts d'ombre refoulées ?Et cela fonctionne d'autant mieux que l'artiste (qui s'est souvent associé au chat), prolonge une lignée qui va de Masaccio et Piero Della Francesca à Courbet et propose une peinture dont la matière, les formes et la structure ne peuvent que fasciner.Depuis sa mort, les expositions Balthus se font rares. A Vienne, le Kunsforum a réuni des pièces exceptionnelles venues de Londres, Chicago, New-York et Paris. Aux côtés des toiles, le visiteur découvre aussi un ensemble de dessins ainsi que des photographies de modèles mis en scène par le peintre.Vienne, Kunstforum. Jusqu'au 19 juin. www.kunstforumwien.at