Mais dans cet instant, le regard peut aussi se porter sur le détail. Celui qui passera inaperçu. Celui auquel on n'accorde pas d'importance. Chez Martin Parr, cela pourrait être la couleur. Ou plus justement, les accords parfois explosifs de couleurs joyeuses qu'il traque sur les plages, les pâtisseries ou encore les cravates. Le Belge Clement Huylenbroeck fait partie de cette famille mais traque ces petits riens anodins lors d'évènements particuliers et populaires. Ainsi, l'élection d'une miss organisée dans une salle communale. S'y rassemble les "filles" du coin. Les unes trop maigres, les autres, un peu grasses, peu sûres d'elles et maladroites. Les jurés ensuite, grassouillets à leur tour, un tantinet voyeurs et rougeauds de contentement. Enfin, le public des jours de fancy-fair et autres régalades locales. Le tout dans un décor à peu de frais, monté à bout de bras volontaires et peu couteux. Jusque-là, l'image relève du documentaire social. Mais comme écrit plus haut, l'appétit de Huylenbroeck cherche d'autres friandises. Douces amères. Salé-sucré. Une main qui s'appuie lourdement sur une nappe en papier. Un rideau froissé. Des pieds aux ongles écaillés, une dentition caillouteuse, un maillot mal-seyant ou encore l'ensemble des barquettes en carton dans lesquelles, le comité organisateur (ou les familles sponsors) ont préparé avec soin un assortiment géométriquement disposé de chips (sel et paprika), fromage (en dés) et cervelas. Le résultat pourrait relever du cynisme, de la moquerie. A leur place, une tendresse épicée. Un peu acide mais jamais méprisante.

De la série "Communal Dream"., Clément Huylenbroeck
De la série "Communal Dream". © Clément Huylenbroeck

Liège. Galerie Satellite (Les Chiroux). "Communal Dream". 20, rue du mouton blanc (Liège). Jusqu'au 15 novembre. Tous les jours de midi à minuit www.chiroux.be

Mais dans cet instant, le regard peut aussi se porter sur le détail. Celui qui passera inaperçu. Celui auquel on n'accorde pas d'importance. Chez Martin Parr, cela pourrait être la couleur. Ou plus justement, les accords parfois explosifs de couleurs joyeuses qu'il traque sur les plages, les pâtisseries ou encore les cravates. Le Belge Clement Huylenbroeck fait partie de cette famille mais traque ces petits riens anodins lors d'évènements particuliers et populaires. Ainsi, l'élection d'une miss organisée dans une salle communale. S'y rassemble les "filles" du coin. Les unes trop maigres, les autres, un peu grasses, peu sûres d'elles et maladroites. Les jurés ensuite, grassouillets à leur tour, un tantinet voyeurs et rougeauds de contentement. Enfin, le public des jours de fancy-fair et autres régalades locales. Le tout dans un décor à peu de frais, monté à bout de bras volontaires et peu couteux. Jusque-là, l'image relève du documentaire social. Mais comme écrit plus haut, l'appétit de Huylenbroeck cherche d'autres friandises. Douces amères. Salé-sucré. Une main qui s'appuie lourdement sur une nappe en papier. Un rideau froissé. Des pieds aux ongles écaillés, une dentition caillouteuse, un maillot mal-seyant ou encore l'ensemble des barquettes en carton dans lesquelles, le comité organisateur (ou les familles sponsors) ont préparé avec soin un assortiment géométriquement disposé de chips (sel et paprika), fromage (en dés) et cervelas. Le résultat pourrait relever du cynisme, de la moquerie. A leur place, une tendresse épicée. Un peu acide mais jamais méprisante.