D'abord, par l'usage des matériaux traditionnels comme le graphite ou encore la pointe d'argent. Ensuite, par la précision des contours et des parties à peine ombrées qui ne sont pas sans évoquer certaines feuilles de Raphaël mais plus encore celles du maniériste romain Salviati. Comme chez les tenants de ce qu'on appela au XVIe siècle, "la bella maniera", on retrouve chez Sergio Bravo (Bergame 1974) dont les oeuvres sont présentées actuellement chez MLF à Bruxelles, un même souci d'élégance, de grâce voire de préciosité innervée par un irréalisme dont l'origine doit davantage à l'intellect qu'à l'émotion. Car, ne nous y trompons pas. Si Bravo est aussi l'héritier de "La peinture cultivée" née justement en Italie (Stefano Di Stasio, Carlo Maria Mariani..) dans le courant des années 1980 en opposition à tous les expressionnismes liées aux différents retours de la figuration, il est aussi un créateur d'aujourd'hui, héritier de Duchamp, soit, un artiste qui met en place un dispositif. Ainsi, le choix de la dimension de la figure (32 x 23) qui correspond à celle de notre propre visage. Ensuite, celui du support, un papier calque en polyester lui-même posé sur un miroir, ce qui crée un halo vaguement lunaire dans lequel, notre regard posé sur le dessin croise le nôtre reflété par le fond. Nous voilà donc piégé, gêné dans notre contemplation. Reste l'étrangeté du "portrait" qui, à entendre l'artiste, vise moins l'intrigant qu'une beauté formelle qui soit, pour ce visage, une nouvelle identité hors du temps et de l'espace que notre propre reflet ne perturbera qu'à l'occasion de la contemplation. Notons que les oeuvres de deux autres dessinateurs (Luca Pancrazzi et Giuseppe Starpone) sont présentées au même moment.

Bruxelles, MLF Marie-Laure Fleisch Galleria. 13 rue Saint-Georges. Jusqu'au 15 octobre. Du Ma au Sa de 10h à 18h. www.galleriamlf.com

D'abord, par l'usage des matériaux traditionnels comme le graphite ou encore la pointe d'argent. Ensuite, par la précision des contours et des parties à peine ombrées qui ne sont pas sans évoquer certaines feuilles de Raphaël mais plus encore celles du maniériste romain Salviati. Comme chez les tenants de ce qu'on appela au XVIe siècle, "la bella maniera", on retrouve chez Sergio Bravo (Bergame 1974) dont les oeuvres sont présentées actuellement chez MLF à Bruxelles, un même souci d'élégance, de grâce voire de préciosité innervée par un irréalisme dont l'origine doit davantage à l'intellect qu'à l'émotion. Car, ne nous y trompons pas. Si Bravo est aussi l'héritier de "La peinture cultivée" née justement en Italie (Stefano Di Stasio, Carlo Maria Mariani..) dans le courant des années 1980 en opposition à tous les expressionnismes liées aux différents retours de la figuration, il est aussi un créateur d'aujourd'hui, héritier de Duchamp, soit, un artiste qui met en place un dispositif. Ainsi, le choix de la dimension de la figure (32 x 23) qui correspond à celle de notre propre visage. Ensuite, celui du support, un papier calque en polyester lui-même posé sur un miroir, ce qui crée un halo vaguement lunaire dans lequel, notre regard posé sur le dessin croise le nôtre reflété par le fond. Nous voilà donc piégé, gêné dans notre contemplation. Reste l'étrangeté du "portrait" qui, à entendre l'artiste, vise moins l'intrigant qu'une beauté formelle qui soit, pour ce visage, une nouvelle identité hors du temps et de l'espace que notre propre reflet ne perturbera qu'à l'occasion de la contemplation. Notons que les oeuvres de deux autres dessinateurs (Luca Pancrazzi et Giuseppe Starpone) sont présentées au même moment.