Sa passion l'a aussi amené à enregistrer la manière dont des plantes réagissaient à la musique de Ravi Shankar entre autres. Et comme la vie est d'abord communication, elle a cherché à mettre en évidence via des vidéos, celle des plantes quand par exemple, des orties sont attaquées par une larve. Ces passages entre sens différents (l'écoute, la vue, le toucher ou encore la forme) l'ont conduit vers d'autres sphères comme la théosophie et de là, jusqu'à l'oeuvre et la personnalité de l'artiste suédoise Hilma Af Klint. Cette dernière, à la fois passionnée par la botanique et la cartographie mais surtout la théosophie de Madame Blavatsky et l'anthropologie de Rudolf Steiner, peint, dans le secret, un premier tableau abstrait en 1906 bientôt suivi par beaucoup d'autres qui ne seront connus du public que dans les années 1980. Leurs structures et la présence de certaines formes géométriques symboliques ne sont du reste pas sans trouver écho dans la peinture de Christine Odlund. Car la musicienne qui est aussi plasticienne, prolonge ses recherches sur les supports toiles ou papier. Elle va même plus loin puisqu'elle n'utilise que des pigments naturels, offrant ainsi à ceux-ci (rien ne meurt, tout se transforme) l'occasion d'une seconde vie au coeur de vastes compositions qui associent les formes stylisées de feuilles, le paysage lointain et toute une rythmique appartenant là, aux domaines de la géométrie, là aux tracés curvilinéaires souvent spiralés, là encore aux ponctuations propres aux partitions musicales ou aux visualisations des corps chimiques.

Bruxelles, Galerie MLF. 13 rue Saint-Georges (1050). Jusqu'au 29 mai. Du ma au sa de 10h à 18h. www.galleriamlf.com