En 1988, la nature ne se venge pas encore et Jan Fabre a 30 ans. Il est à Berlin Ouest au moment où se précise la Glasnot, le futur éclatement de l'URSS et la réunification des deux Allemagne. Comme depuis l'enfance et suite au décès à 5 ans de son frère aîné, ses nuits sont habitées par l'insomnie. Jusqu'à l'épuisement, il dessine, s'abandonnant à son "territoire nocturne" jusqu'à l'heure bleue quand la nuit meurt au lever du jour. Quand il avait 20 ans, il découvre l'outil confie-t-il "bon marché et efficace qu'il pouvait emporter partout, voire même voler" : le bic à l'encre bleue. Si le premier tracé doit alors au parcours d'un scarabée sur une boîte à chaussures, d'autres insectes, oiseaux et plantes s'imposeront, au coeur d'une mer de petits traits entrecroisés à la manière d'un champ énergétique aux obscurités légèrement irisées.

En 1988 donc, seul et la nuit, Jan Fabre, ce fils de jardinier, couvre de grandes feuilles de papier d'une infinité de signes graphiques bleus qui, laissant entre eux filtrer des lueurs rosées, met en place des paysages de menaces naturelles aujourd'hui presque banalisées par la médiatisation planétaire. Ce sont des cyclones, des tornades, des vagues géantes, des orages cataclysmiques qu'il compose tout au long d'un processus qui, jusqu'à l'épuisement physique et mental, associe l'hallucination, la peur, la rage et l'émerveillement. Aujourd'hui, ces dessins s'imposent comme autant de visions prémonitoires et, comme l'écrit l'artiste comme "un hommage à la force et à l'anarchie inhérente à la nature.". En 1988, un collectionneur berlinois achète l'ensemble de cette production qui ne sera jamais montrée, ni en privé, ni en public... jusqu'à ce jour, plus de trente ans plus tard.

Bruxelles, Galerie Templon. 13a rue Veydt. Jusqu'au 22 février. Du mardi au samedi de 11h à 18h. www.templon.com

Légende :

Berlin/Tornado's (VIII), 1988. Stylo bic sur papier, 221 x 150. Courtesy Galerie templon Paris et Bruxelles. Photo : Pat Verbruggen.

En 1988, la nature ne se venge pas encore et Jan Fabre a 30 ans. Il est à Berlin Ouest au moment où se précise la Glasnot, le futur éclatement de l'URSS et la réunification des deux Allemagne. Comme depuis l'enfance et suite au décès à 5 ans de son frère aîné, ses nuits sont habitées par l'insomnie. Jusqu'à l'épuisement, il dessine, s'abandonnant à son "territoire nocturne" jusqu'à l'heure bleue quand la nuit meurt au lever du jour. Quand il avait 20 ans, il découvre l'outil confie-t-il "bon marché et efficace qu'il pouvait emporter partout, voire même voler" : le bic à l'encre bleue. Si le premier tracé doit alors au parcours d'un scarabée sur une boîte à chaussures, d'autres insectes, oiseaux et plantes s'imposeront, au coeur d'une mer de petits traits entrecroisés à la manière d'un champ énergétique aux obscurités légèrement irisées. En 1988 donc, seul et la nuit, Jan Fabre, ce fils de jardinier, couvre de grandes feuilles de papier d'une infinité de signes graphiques bleus qui, laissant entre eux filtrer des lueurs rosées, met en place des paysages de menaces naturelles aujourd'hui presque banalisées par la médiatisation planétaire. Ce sont des cyclones, des tornades, des vagues géantes, des orages cataclysmiques qu'il compose tout au long d'un processus qui, jusqu'à l'épuisement physique et mental, associe l'hallucination, la peur, la rage et l'émerveillement. Aujourd'hui, ces dessins s'imposent comme autant de visions prémonitoires et, comme l'écrit l'artiste comme "un hommage à la force et à l'anarchie inhérente à la nature.". En 1988, un collectionneur berlinois achète l'ensemble de cette production qui ne sera jamais montrée, ni en privé, ni en public... jusqu'à ce jour, plus de trente ans plus tard. Bruxelles, Galerie Templon. 13a rue Veydt. Jusqu'au 22 février. Du mardi au samedi de 11h à 18h. www.templon.comLégende :Berlin/Tornado's (VIII), 1988. Stylo bic sur papier, 221 x 150. Courtesy Galerie templon Paris et Bruxelles. Photo : Pat Verbruggen.