. Comme Matisse, il a compris que la texture d'un tissu avait cette capacité de rayonner tout en induisant l'impression d'un espace infini. Jusqu'ici donc, il n'a pas encore pris le pinceau. Cette surface vivante n'est pas un "fond", un mur par rapport auquel la forme deviendrait un relief, une pesanteur. Le travail de la brosse va alors s'apparenter à celui du pinceau des calligraphes japonais. Botazzi va déposer des traces de teintes, blanches souvent, pâles toujours comme si l'essentiel était bien de garder le souffle du geste. Mais il n'est pas calligraphe. Sa main gère davantage une caresse qu'un mouvement. Elle travaille dans la lenteur, la précision, usant parfois d'un système de pochoirs comme le font les maîtres créateurs de kimonos. Ce sont alors des sortes de bulles ou de germes ou de cellules ou encore de virgules gonflées d'un vide tremblant qui s'élèvent avec lenteur vers le haut de la composition. Parfois, la blancheur est obtenue par l'effleurement de plâtre léger. Parfois d'une couleur à l'huile qui se dépose en glacis. Souvent, le chromatisme se limite à préciser un contour comme le firent depuis toujours les peintres occidentaux quand ils figuraient une larme, une goutte d'eau. Ce sont des oeuvres sans titre qui invite le spectateur à l'errance spirituelle. Botazzi s'est aussi fait un nom dans le domaine de la peinture murale. Une quarantaine de réalisations jusqu'aujourd'hui, la dernière étant une fresque qui se réalise en ce moment Place Jourdan à Etterbeek. Nous préférons les toiles de dimensions humaines, laissant à l'architecture, le droit de se défendre à travers son propre langage.

Bruxelles, Galerie Artiscope. 35 boulevard Saint-Michel (1040). Jusqu'au 15 décembre. Du Lu au Ve de 15 à 18h.