Suis-je vieux? C'est le genre de question qu'on se pose avec une pointe d'angoisse à 60, 50, 40, 30, voire 20 ans pour ceux qui, comme James Dean, ont choisi de " vivre vite, mourir jeune et faire un beau cadavre". Si la vieillesse n'est plus automatiquement le naufrage annoncé par Chateaubriand, et s'invite d'ailleurs de plus en plus régulièrement au banquet de la coolitude -comme avec la revue Schnock qui joue à fond la carte de la nostalgie, comme avec cette pub Coca-Cola où le pensionnaire d'un home fuit son mouroir pour aller vivre à 100 à l'heure, ou comme dans la saga Les Vieux Fourneaux avec sa triplette de septuagénaires anars toujours prêts à faire les 400 coups -, elle reste un cap redouté, une marche plus haute que les autres qu'on franchit rarement sans heurt, et sur laquelle on trébuche parfois lourdement. À l'image de l'alter ego de Pedro Almodovar dans son autobiographique et introspectif Douleur et Gloire. La ...