"Il ne restera rien de la société de consommation, surtout pas l'art contemporain qu'elle a engendré. Les supports sont fragiles et les oeuvres ne reposent que sur la légitimation par le discours. Une imposture avec des mots, de la communication, rien d'autre." Tel est le clou que Georges Meurant (Etterbeek, 1948) se plaît à enfoncer quand on le rencontre dans sa maison d'Ixelles. Avec sa longue barbe et sa silhouette filiforme, l'homme a des allures d'anachorète... Tandis que son atelier, dont la fenêtre est obstruée par une planche en bois, s'apparente à une grotte. La voix caressante du maître débite un discours d'une totale cohérence, celui d'un être qui a voué son existence à la peinture, celui d'un regard à qui l'on ne fera pas prendre des vessies pour des lanternes. En toute logique, on s'attendrait à entendre l'artiste revendiquer son appartenance au socle moderniste, lui qui pratique l'huile sur bois et appelle de ses voeux l'oeuvre plutôt que l'artefact, c'est-à-dire cette création qui ne cesse de tourmenter jusqu'à ce qu'on la possède (à moins que ce ne soit elle qui vous tienne?) et la conserve jalousement. Pourtant sa position est plus subtile, plus nuancée en ce qu'il fait sienne une partie de l'héritage postmoderne. "Je me défie ...