"An 354 de la nouvelle ère glaciaire anthropogénique." Comme dans Mission impossible, une armada d'astronautes accrochés à des filins d'acier plonge dans les entrailles de la Terre, depuis la coupole d'une salle de congrès abandonnée - Bouzloudja, comme indiqué en cyrillique au-dessus de la scène, une authentique ruine communiste bulgare. L'action se déroule dans un futur européen très lointain, neigeux, au milieu d'une sorte d'hiver nucléaire et dystopique provoqué par l'impact délétère des activités humaines. Les acolytes du professeur Walton viennent d'extraire du pergélisol, à 235 mètres de profondeur, un homme entièrement gelé. Des échographies d'un coeur qui palpite, des flashs de synapses frémissantes, des coupes sagittales d'un cerveau aux lobes léchés par des ondes électriques le montrent: en plein dégel, le garçon est sans nul doute en train de revenir à la vie. Autour du corps de ce gisant décharné, un choeur déclame le poème Prometheus de Lord Byron, proférant le cri du vieux Titan (celui à qui Zeus inflige un terrible châtiment pour avoir donné le feu aux hommes). Quant à la musique, elle emplit (littéralement) cette fascinante séquence de réanimation à l'aide de cymbales, de jeux rythmiques et de dissonances, et d'une série de bruits d'enclumes et de moteurs de voitures au démarrage, tous proven...