Dans la cour d'honneur du Palais des papes à Avignon, la vision était saisissante. Elle rappelait certains monuments de l'histoire de l'art, comme la Pietà de Michel-Ange et Le Massacre des innocents de Pierre-Paul Rubens. Après une première partie où des danseurs adultes, couchés au sol, en total relâchement, étaient déplacés par une grue, un tapis roulant et une plateforme sur pistons, un homme entrait sur la scène en portant un enfant dans ses bras. Un enfant dont les yeux restaient clos, inanimé. Inerte. Dans un abandon rappelant la confiance absolue que l'enfant place en ses parents, mais qui, une fois prolongé, devenait immanquablement inquiétant. Ce premier duo était suivi par d'autres, développant ensemble une série de variations d'impulsions du mouvement de l'adulte manipulant à l'enfant manipulé.
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