Il y a la grande Histoire, la vraie, et puis il y a les histoires inventées. Il y a, d'un côté, la montée du nazisme en Allemagne, l'exil d'une partie de la population juive, les brimades, retraits de passeport, interdiction pour les enfants de fréquenter l'école, puis, dans le pire des cas, la mort pour ceux qui sont restés. Il y a de l'autre, une collection de rayons de soleil, un ver blanc dans un bocal qui se transforme, une ma...

Il y a la grande Histoire, la vraie, et puis il y a les histoires inventées. Il y a, d'un côté, la montée du nazisme en Allemagne, l'exil d'une partie de la population juive, les brimades, retraits de passeport, interdiction pour les enfants de fréquenter l'école, puis, dans le pire des cas, la mort pour ceux qui sont restés. Il y a de l'autre, une collection de rayons de soleil, un ver blanc dans un bocal qui se transforme, une maman toute verte forcée de garder le lit et un animal de compagnie étrange, au nom imprononçable. Ces deux univers se mélangent en toute fluidité dans Les Carnets de Peter. Peter, c'est l'écrivain pour la jeunesse Peter Neumeyer, né en Allemagne en 1928 et parti, enfant, avec sa grand-mère Anna, pour rejoindre ses parents à San Francisco. Aux États-Unis, là où les jeunes garçons portent des jeans et pas des "Lederhose", il apprendra l'anglais et peuplera par l'écriture d'histoires sa solitude de fils unique désormais privé de grands-parents.Sa vie se raconte une nuit, dans la bibliothèque fermée au public, à un lecteur très curieux d'en savoir plus sur un livre précieux, consacré aux animaux et aux insectes, et dans lequel un petit garçon a autrefois griffonné au crayon.Une bibliothèque, dont les rayonnages en trompe-l'oeil, les tiroirs, les pupitres et les cadres renferment bien des surprises. Car le Théâtre du Tilleul a bien des ressources pour conter son récit. Lumière mouvante, cyclo en fond de scène où se succèdent les projections, simple feuille de papier qui capte les scènes en se mouvant, castelet démontable... Les quatre comédiens (Carine Ermans, Carlo Ferrante, Sylvain Geoffray et Alain Gilbert) tirent toutes les possibilités du théâtre d'ombres pour animer une parade militaire, retracer un voyage en train et en paquebot, donner vie à un ranch ou aux aventures d'un petit héros intrépide.Un spectacle jeune public où l'évocation de la pire cruauté des hommes côtoie les ressorts les plus joyeux de l'imagination. Une escapade à partager en famille, évidemment.