Avant même que le noir ne se fasse dans la salle, les choses sont déjà claires. La projection sur le mur de blocs à l'avant-scène annonce que ce Blue Book Legacy prendra des dimensions intergalactiques et ne crachera pas sur l'utilisation de la vidéo. Rarement on avait vu dans un spectacle de théâtre une telle cohabitation -jusqu'aux i...

Avant même que le noir ne se fasse dans la salle, les choses sont déjà claires. La projection sur le mur de blocs à l'avant-scène annonce que ce Blue Book Legacy prendra des dimensions intergalactiques et ne crachera pas sur l'utilisation de la vidéo. Rarement on avait vu dans un spectacle de théâtre une telle cohabitation -jusqu'aux interactions entre les personnages, réels et de synthèse- entre les images projetées (essentiellement de l'animation, au design rudimentaire mais efficace) et les acteurs sur scène.Ils sont deux, Arnaud Van Parys et Xavier Elsen (soit le A et le X de la Max Buster Company, le M étant celui de Matthieu Meunier, à la mise en scène) à incarner dans un premier temps deux frères, Conrad et Reginald, que tout oppose mais qui sont bien obligés de se retrouver suite au décès de leur mère. Dans ses dernières volontés, celles-ci leur a transmis de mystérieuses consignes, liées à un livre bleu impossible à ouvrir. Dans un second temps et à l'aide de perruques au kitsch assumé, le duo de comédiens se plongera en flash-back dans la jeunesse de la génération précédente, pour que toute la lumière soit faite sur de lourds secrets de famille, bouleversant rien moins que l'Histoire de l'humanité.En utilisant l'esthétique du cartoon, de la BD et des séries télé, la jeune Max Buster Company débride l'imagination et la projette vers les étoiles. En semant au passage quelques messages politiques consensuels, un peu trop appuyés et redondants (vers la fin surtout), avec l'aide notamment de War, le tube ultra funky d'Edwin Starr. Plutôt prometteur.