"Être ou ne pas être". Est-ce parce que la question la plus fameuse du répertoire théâtral s'applique idéalement à la situation des organisateurs de spectacles au temps du corona, forcés à une crise existentielle, que Hamlet se retrouve dans deux des plans B de cet été pas comme les autres.
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"Être ou ne pas être". Est-ce parce que la question la plus fameuse du répertoire théâtral s'applique idéalement à la situation des organisateurs de spectacles au temps du corona, forcés à une crise existentielle, que Hamlet se retrouve dans deux des plans B de cet été pas comme les autres. Le Prince de Danemark, qui a sillonné la Wallonie ces dernières semaines, utilisait son personnage principal pour démontrer le pourquoi du théâtre. To Play or not to Play, qui ouvre la saison du Théâtre Royal du Parc en remplacement des Chevaliers de la table ronde, a lui comme protagoniste un metteur en scène enfermé dans son théâtre désespérément vide et qui va monter la plus célèbre des pièces shakespeariennes via vidéoconférence. La mise en abyme est limpide et Samuel (Daniel Hanssens) s'affirme vite comme un double de Thierry Debroux, directeur du parc et auteur et metteur en scène de ce spectacle d'ouverture bis. Un double encore dédoublé par l'apparition de son énergique ami imaginaire (Othmane Moumen), sorti du frigo et prenant l'apparence de l'aviateur Saint-Ex, ce qui vaudra quelques clins d'oeil à un autre prince célèbre de la littérature, le Petit et son dessin de mouton. "The Show Must Go On", chantait Mercury, ici imité avec panache. Et si on sait que, forcément, le spectacle a été monté "en vitesse", Thierry Debroux a soigné son texte, truffé d'allusions, drôle et offrant des rôles en or à deux valeurs sûres de l'humour. Daniel Hanssens et Othmane Moumen assurent et tiennent le rythme, brisant des murs de PQ, s'emballant sur Vivaldi et gérant les communitions téléphoniques jusqu'à Miami. Une bonne bouffée d'oxygène dans un secteur qui frôlait la suffocation.