Ils sont quatre -Laurie Degand, Nathan Fourquet Dubard, Pierre Haezaert et Jonas Claessens- pour tout jouer. Alors que chez Shakespeare, il y a 18 rôles dotés d'un nom, plus des pages, plus des musiciens, des gardes, des citoyens de Vérone et même un choeur. Mais quatre, ça suffit pour raconter l'essentiel, surtout quand on parvient à changer de personnage en 5 secondes, sortant à cour en Roméo et rentrant à jardin en Dame Capulet et en...

Ils sont quatre -Laurie Degand, Nathan Fourquet Dubard, Pierre Haezaert et Jonas Claessens- pour tout jouer. Alors que chez Shakespeare, il y a 18 rôles dotés d'un nom, plus des pages, plus des musiciens, des gardes, des citoyens de Vérone et même un choeur. Mais quatre, ça suffit pour raconter l'essentiel, surtout quand on parvient à changer de personnage en 5 secondes, sortant à cour en Roméo et rentrant à jardin en Dame Capulet et en ayant entre-temps enfilé une perruque et noué son t-shirt, ou se transformant de Mercutio en Frère Laurent en passant simplement sur ses épaules une nappe devenue chasuble. Donc, d'abord, chapeau pour la prestation des comédiens-marathoniens et pour les choix de la metteuse en scène Sofia Betz, qui tire tout le profit des codes du théâtre et mise sur l'intelligence d'un -jeune- public capable de rentrer dans la danse.Une danse effrénée, lancée par un petit synthé, et soutenue de temps en temps -pour que tout le monde comprenne- par des mentions explicatives projetées sur la toile qui sert de fond. Une danse qui peut passer de l'électro pulsée au slow langoureux pour mieux traduire le coup de foudre entre le fils Montaigu, épris il y a encore quelques minutes d'une certaine Rosaline, et la fille Capulet, destinée par sa famille au noble Paris. Deux jeunes gens que la haine entre leurs deux familles finira par détruire. "La peste sur vos deux maisons!", s'écrie Mercutio avant de succomber. Cette version conserve parfois à la lettre les répliques Shakespeare -comme le fameux passage des pèlerins, ici déclamé cachés sous la table- mais ne se prive pas de résumer, de moderniser pour un effet cure de jouvence qui n'est pas sans rappeler la version ciné de Baz Luhrmann -avec DiCaprio tout jeunot et Claire Danes- upgradée ici avec des vestes en cuir à la Drive. Y a pas à dire, ça décoiffe.