On connaissait déjà le talent de la compagnie Dérivation pour vitaminer et adapter à la juste portée des enfants et des ados d'aujourd'hui les contes anciens (La Princesse au petit pois, Le Petit Chaperon rouge), les épopées antiques (L'Odyssée) ou encore les classiques du répertoire théâtral (Roméo & Juliette). Et si Comète s'imposait comme un vrai concert rock pour petits, aujourd'hui, Sofia Betz et ses complices s'...

On connaissait déjà le talent de la compagnie Dérivation pour vitaminer et adapter à la juste portée des enfants et des ados d'aujourd'hui les contes anciens (La Princesse au petit pois, Le Petit Chaperon rouge), les épopées antiques (L'Odyssée) ou encore les classiques du répertoire théâtral (Roméo & Juliette). Et si Comète s'imposait comme un vrai concert rock pour petits, aujourd'hui, Sofia Betz et ses complices s'attaquent cette fois au lyrique, en montant King Arthur d'Henry Purcell. Un semi-opéra datant de 1691 mais dont les personnages sont toujours bien vivants dans l'imaginaire puisqu'il s'agit du roi Arthur, de Merlin et des fameux chevaliers de la Table ronde (aussi à l'honneur au Théâtre Royal du Parc jusqu'au 23 octobre).Pour ceux qui se rappellent de Moustique, le gamin gringalet de Merlin l'enchanteur, King Arthur retrace les événements que Disney ne rapporte pas dans son dessin animé sur la vie du roi Arthur. C'est-à-dire les circonstances très particulières et nappées de magie de sa conception et de sa naissance dans le but caché de pacifier l'Angleterre, et, bien plus tard, son amour pour Emmeline et les combats qui l'opposent à Oswald, roi de Saxe et au terrifiant magicien Osmond. Avec ses chevaliers chevelus aux armures en tissu matelassé argenté, son roi Arthur au gros défaut d'élocution, ses décors transparents vintage au rétroprojecteur et son Philidel à l'accent du Sud, Sofia Betz insuffle à l'intrigue un humour irrésistible qui -on l'a constaté- fonctionne autant avec les petits qu'avec les grands spectateurs. Mais, au-delà des rires, l'intrigue, pilotée par l'imposant Fabien Magry, est restituée -et parfaitement compréhensible dans ses méandres-, tandis que les mélodies et les plus beaux airs (Hither This Way, How Happy the Lover...), sont endossés par la soprano Julie Calbette, les mezzos Pauline Claes ou Joëlle Charlier (en alternance), le baryton Romain Dayez et la multi-instrumentiste Catherine De Biasio. Une merveilleuse porte ouverte vers l'opéra.