Dur dur d'organiser des spectacles en plein air en cet été particulièrement imbibé. Mais pas pour Tour des Sites, société spécialisée depuis quasi 30 ans dans les son et lumière en extérieur et dont les projections en vidéomapping sont conçues pour braver toutes les intempéries ("sauf la brume et le brouillard, là on ne peut rien faire", nous confiait son cofondateur Benoît Meurens, lire aussi notre article).
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Dur dur d'organiser des spectacles en plein air en cet été particulièrement imbibé. Mais pas pour Tour des Sites, société spécialisée depuis quasi 30 ans dans les son et lumière en extérieur et dont les projections en vidéomapping sont conçues pour braver toutes les intempéries ("sauf la brume et le brouillard, là on ne peut rien faire", nous confiait son cofondateur Benoît Meurens, lire aussi notre article). Et heureusement que c'est du waterproof, parce qu'en ce soir de première de La Vallée secrète sur le site de l'abbaye de Villers-la-Ville, le ciel du Brabant wallon a décidé d'ouvrir les vannes. C'est un véritable déluge qui s'abat sur les quelques centaines de spectateurs massés à l'entrée du site à la nuit tombée (l'obscurité est indispensable et les séances, toutes les 25 minutes, démarrent chaque soir un peu plus tôt en fonction de l'heure de coucher du soleil). Les parapluies s'ouvrent et les capuches s'enfoncent sur les têtes alors que le parcours commence. Car ce n'est pas un, mais trois lieux que Tour des Sites anime ici, avec à chaque étape l'intervention d'artistes en chair et en os pour donner encore plus de relief aux projections. Si La Vallée secrète retrace l'histoire de l'abbaye depuis sa fondation au XIIe siècle jusqu'à aujourd'hui, en passant notamment par son démantèlement suite à la Révolution française, le spectacle s'avère assez éloigné d'une visite guidée pédagogique et privilégie une approche plutôt axée sur l'entertainment. Avec en fil rouge une légende fictionnelle sur l'épée du moine-chevalier Gobert d'Aspremont (le fameux gisant de Villers au côté duquel le spectateur passera), le grand spectacle impose ses tourbillons de couleurs, ses éboulements en trompe-l'oeil, ses touches d'exotisme luxuriant et même ses petits clins d'oeil à Indiana Jones. Ça tranche avec l'austérité recueillie des pierres monastiques mais ça passe plutôt bien, permettant ainsi de jeter un regard nouveau, rafraîchi sur un des trésors du patrimoine wallon.