Hasard du calendrier, la création de TINA au Royal Festival de Spa a lieu exactement au moment où le Giec rend un rapport sur les changements climatiques qui tire à nouveau la sonnette d'alarme, mais avec encore plus d'urgence que précédemment : il faut agir, il faut changer, nous n'avons pas le choix. C'est justement de cela que parle, sans trop user de mots, ce nouveau spectacle de Patrick Masset et de son Théâtre d'Un Jour (après le succès international de Strach - a Fear Song). TINA...

Hasard du calendrier, la création de TINA au Royal Festival de Spa a lieu exactement au moment où le Giec rend un rapport sur les changements climatiques qui tire à nouveau la sonnette d'alarme, mais avec encore plus d'urgence que précédemment : il faut agir, il faut changer, nous n'avons pas le choix. C'est justement de cela que parle, sans trop user de mots, ce nouveau spectacle de Patrick Masset et de son Théâtre d'Un Jour (après le succès international de Strach - a Fear Song). TINA, c'est bien sûr l'acronyme de There Is No Alternative, la célèbre formule imposant le capitalisme et la mondialisation comme seule voie à suivre. Une voie qui mène, on s'en rend compte un peu plus chaque jour, à une sale impasse, avec en perspective un monde de plus en plus invivable. Renversant le sens de la formule, TINA est ici l'affirmation que, non, il n'y a pas d'alternative, nous devons trouver un autre chemin. Dans cette perspective, Patrick Masset s'appuie aussi sur un extrait de Kafka qui déclare assassins "ceux qui restent dans le rang, qui ne font que répéter" et qui ainsi "assassinent le possible". Et cette affirmation, TINA en donne une démonstration vivante, en nous plaçant sous les yeux, grâce à la complicité de cinq circassiens (Marieke Thijssen, Wilko Schultz, David Mupanda, Julius Bitterling et César Mispelon), d'une chanteuse (l'éblouissante Tamara Geerts) et de deux musiciens (le guitariste Laurent Stelleman et le contrebassiste Sal La Rocca), les preuves que, oui, on peut réinventer, trouver d'autres façons et que, oui, mille possibles s'ouvrent à nous.Oui, des bras peuvent se transformer en escalier et des mains en sol éphémère. Oui, on peut assurer un solo de contrebasse avec une acrobate sur les épaules ou en étant porté et déplacé. Oui, on peut transformer des classiques du rock (Exit Music de Radiohead, Heroes de Bowie...) en gardant la vibration de l'original. Oui, on peut s'envoler en chantant. Oui, même une poupée peut changer, métamorphosée par ses voyages.Tout cela dans une scénographie dépouillée qui invite troncs d'arbres, vent, orage et feu de bois (on n'a pas vraiment compris, ceci dit, la fonction de la marionnette assise devant les flammes). Et avant un final avec une invitée spéciale dont la performance souligne la fragilité des choses, une simple plume suffisant à tout faire s'écrouler.