Les hybridations entre l'univers muséal et celui de la danse contemporaine sont devenus fréquentes. On se souvient par exemple de "l'expo" Work/Travail/Arbeid de la chorégraphe Anne Teresa De Keersmaeker se déployant pendant plusieurs semaines au Wiels en 2015. Plus récemment et dans l'autre sens, Noé Soulier présentait une chorégraphie d'oeuvres d'art sur la scène du Kaai avec Performing Art.

Avec cette même volonté de croisement entre des mondes différents, la chorégraphe basée à Bruxelles Isabella Soupart et le plasticien d'origine britannique Jonathan Sullam s'associent pour proposer Stretch, une performance qui prend place au MAD, la plateforme bruxelloise pour la mode et le design. Un événement extensible aux niveaux spatial et temporel puisqu'il se déroule sur six heures, de 18 heures à minuit (le public peut rentrer et sortir à sa guise) et qu'il s'étire dans différentes salles.

Comme dans n'importe quel musée, les spectateurs sont libres de leurs déplacements, de suivre ou non les danseurs -habillés façon streetwear avec parfois des touches plus glamour et glitter- qui se relaient en solos, duos, trios, danses de groupe, accompagnés le plus souvent de musiciens en live. Ils sont treize, principalement des filles, et on y retrouve pas mal de visages connus comme Eléonore Valère-Lachky, Shantala Pèpe, Sara Tan et Meri Pajunpaä.

On passe d'un duo en synchronie évoluant au niveau moins 1 aux pieds de deux lés argentés, visible du haut depuis les galeries, à un solo à tendance hip-hop de Fouad Nafili soutenu par des sons synthétiques et de guitare électrique, dans la vitrine côté rue du Houblon, avant de revenir sur ses pas, pour bientôt assister à une hypnotique transe nightclubbing de plus en plus ample. Et ainsi de suite, dans une ambiance détendue et complice.

Une autre façon de regarder la danse, extrêmement proche, mobile, décloisonnée, au plus près de la vie.

Stretch: les 17 et 24 mai au MAD à Bruxelles, www.mad.brussels