Ahmad Joudeh, je danse donc je suis

21/11/18 à 14:22 - Mise à jour à 14:24
Du Le Vif/L'Express du 15/11/18

A l'instigation de l'International Yehudi Menuhin Foundation, Ahmad Joudeh, originaire de la périphérie de Damas, traversera les frontières en dansant à Bruxelles, le 21 novembre. L'occasion de dresser le portrait d'un artiste résilient, qui a tout affronté pour suivre sa vocation.

"Danser ou mourir." Dans le cas d'Ahmad Joudeh, la devise n'est pas métaphorique. Ces mots, il les a gravés dans sa chair, en hindi, "parce qu'en Inde, ils ont un dieu pour la danse, ils respectent la danse". Le tatouage barre la nuque du jeune homme, précisément là où les combattants de Daech ont l'habitude de planter leur lame pour une décapitation. S'il devait tomber entre leurs mains, ces mots seraient la dernière chose qu'ils verraient de lui vivant. Le credo prend évidemment un sens particulier quand on vit en Syrie. Ahmad Joudeh a découvert la danse quand il avait 8 ans. "Je chantais moi-même sur scène avec mon petit frère à la fête de fin d'année de l'école quand j'ai vu six filles présenter de la danse classique, se rappelle-t-il. Par la suite, j'ai essayé de les imiter. Moi aussi je voulais "faire de la musique avec mon corps". Je dansais à la maison, en secret, parce que je pensais que ce n'était que pour les filles." La maison, en l'occurrence, c'est le camp de Yarmouk, au sud de Damas. Un quartier de la périphérie construit par les réfugiés palestiniens en 1957. Le camp a notamment servi de base d'entraînement au Fatah de Yasser Arafat dans les années 1960. En décembre 2012, ses rues ont été le théâtre d'affrontements entre les rebelles de l'Armée syrienne libre et les troupes de...

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