Comment je ne suis pas devenu un salaud

© National

En 2002, dans Le Val des ânes, Matthieu Blanchin faisait le récit de son enfance à la campagne. Avec cet album, l’auteur avait voulu tendre une perche à ses frères afin de s’excuser de ce qu’il leur avait fait subir. La perche n’ayant pas été saisie, une réédition très largement augmentée s’imposait. Comment je ne suis pas devenu un salaud reprend le récit là où il s’était arrêté: aux portes de l’adolescence. L’auteur nous raconte ses démons intérieurs, la confusion des sentiments nouveaux et inconnus de la sortie de l’enfance. On lit en filigrane le poids de l’éducation de parents pas particulièrement sévères mais qui, comme beaucoup d’autres, n’ont pas reçu le mode d’emploi à la naissance de leur enfant et reproduisent des schémas sans remise en cause. En général, un dessin est guidé par un style, une école: ligne claire, réalisme, humour/gros nez… Chez Matthieu Blanchin, c’est la rage intérieure de l’auteur qui guide son trait. Il ne se contente pas de décrire des situations au lecteur, il le pousse à vivre complètement les émotions de ses personnages. C’est très fort et on ressort vidé de la lecture de cet album dans lequel même les moments doux sont épuisants. Remercions l’éditeur de ne pas avoir saturé les noirs par rapport à l’édition originale, ce qui permet de faire apparaître les nuances du trait à la plume et les coups de pinceaux.

De Matthieu Blanchin, éditions Futuropolis, 256 pages.

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