Il ne dansera qu'avec elle, la loi du désir

21/10/16 à 11:15 - Mise à jour à 11:14

Source: Focus Vif

Un spectacle cru, souvent drôle et bluffant avec le vrai, à voir au Théâtre Varia et au Théâtre de Liège.

Il ne dansera qu'avec elle, la loi du désir

Il ne dansera qu'avec elle © Marie Aurore

"A comme Amour, L comme Lécher, M comme Mentir, Q comme Quotidien, V comme Vaseline..." Un abécédaire s'éclate sur un son électro. On est ainsi largué dans les méandres du désir/sexualité, sujet de la nouvelle création d'Antoine Laubin et son équipe. Il ne dansera qu'avec elle est un spectacle de 3 heures (avec entracte), qui se joue dans une dynamique chorale où le temps file (même si par moments le sujet s'essouffle). Douze interprètes vont glisser d'une confidence à l'autre. C'est cru, souvent drôle et bluffant avec le "vrai". Les questions intimes circulent, les réponses aussi. Résultat: le spectacle atteint avec sincérité le spectateur et la place publique.

Difficile de ne pas être concerné, même en traversant quelques thèmes "clichés" comme la tromperie, la masturbation, la liberté sexuelle chez les lesbiennes, une défloration en colonie de vacances. La première réussite du spectacle est de ramener le sujet à un son naturel, jusque dans ses eaux troubles: la partouze inattendue, allumer le père de son mari, la baise forcée quand on n'a pas su dire "non"... "La loi du désir est cruelle pour tous", lance la pièce qui s'imbibe de textes de Rilke, Despentes, de Tristan et Yseut, de conférences sérieuses et cocasses sur le désir ("Le désir est constructiviste") ou sur l'Histoire du porno (de Deep Throat, 1972, au porno féministe).

L'oeuvre hétérogène qu'a voulue le metteur en scène est réussie dans une atmosphère réflexive et ludique. On joue aux échecs, d'autres font du yoga. Ambiance: discussions entre ami(e)s, avec quelques scènes "allumées" comme un passage chez les bonobos! Il ne dansera qu'avec elle nous envoie dans les coins et recoins du désir/sexualité avec des répliques qui résonnent: "Il faut s'épuiser en Amour. Baiser, s'oublier", "C'est l'histoire d'un couple, il n'y a pas grand-chose à dire de plus", "Je veux qu'on casse tout ensemble", "Et si c'était possible d'y arriver quand même"...

"Comment l'individu contemporain se retrouve-t-il dans cette injonction paradoxale qui consiste à dire que d'un côté l'amour et le sexe sont une marchandise comme une autre et que, de l'autre, l'accomplissement de soi n'est possible qu'à travers l'autre?", interroge Antoine Laubin, qui a l'art de balancer des questions vécues d'habitude les yeux mi-clos. (N.A.)

AU THÉÂTRE VARIA JUSQU'AU 22/10, WWW.VARIA.BE, AU THÉÂTRE DE LIÈGE DU 15 AU 19/11, WWW.THEATREDELIEGE.BE

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