Les Ardentes J3: effet Placebo

09/07/17 à 12:49 - Mise à jour à 12:51

Samedi, les Ardentes sortaient (enfin) le rock et les guitares. Petite promenade entre les mycoses de La Femme et les restes de Placebo...

Les Ardentes  J3: effet Placebo

Placebo © Olivier Donnet

En se repositionnant comme un festival urbain, les Ardentes ont sans doute fait le choix de la raison. Etabli une programmation en adéquation avec la faune locale. Et redéfini intelligemment leur cible d'un point de vue commercial. En attendant, pour tous ceux que le hip hop laisse de marbre et qui se tamponnent pas mal de Liam Gallagher et de Julien Doré, la journée de samedi était bien la seule un tant soit peu excitante de ces nouvelles Ardentes. Et en bonne partie grâce à sa délégation belge. Belgo touarègue (Kel Assouf), belgo française (Mountain Bike) mais belgo quand même.

Ce samedi, sur les bords de la Meuse, c'est le jour des guitares. Et ça ne plait pas à tout le monde à en juger par le peu de monde devant les concerts de Mountain Bike, des enthousiastes Maliens de Songhoy Blues ou encore de l'Experimental Tropic Blues Band évoluant pourtant à une heure avancée et à domicile. Planté sur la grande scène en milieu d'après-midi, MB a fait ce qu'il a pu avec sa bonne humeur habituelle devant un public clairsemé et en mode farniente. Les deux autres n'ont pas réussi à faire s'arrêter bien longtemps les festivaliers devant cette Rambla certes installée dans un lieu de passage mais à un endroit qui n'invite pas vraiment à la sédentarisation. Ils ont pourtant bien fait le boulot les protégés de Damon Albarn. Ces ambassadeurs de la cause malienne qui chantent Bamako et dopent leur rock des sables à la vitamine D. Les Tropic aussi d'ailleurs. "Don't push me 'cause I'm close to the edge... I'm trying no to lose my head..." Toujours où on ne les attend pas finalement (dans un hommage trash à notre plat pays ou dans un film barjot qui met mal à l'aise), les Liégeois se font une petite parenthèse hip hop entre leur chanson de cowboys et leur reprise des Cramps. On verrait encore bien ces trois-là se transformer en Beastie Boys de Liège...

La Femme

La Femme © Olivier Donnet

"Séparez la foule en deux. On fait une Moïse." "Allez mes petits enculés..." Faut se faire une raison. Bruxelles arrive... La grosse ambiance de la journée, c'est pour Caballero et JeanJass. Ca ne descend pas beaucoup de pintes mais il y a comme qui dirait des odeurs de barbecue... Le rap est roi mais les Français de La Femme n'ont pas pour autant bu la tasse. Avec leur look et leur approche de punks endimanchés, leur danseuse à la généreuse poitrine et toute leur panoplie de singles à claviers (Antitaxi, Sur la planche, Tatiana, Nous étions deux...), les protégés du label Born Bad ont intéressé la plaine à défaut de la retourner. Ou l'art de marquer des points quand les circonstances ne sont pas spécialement favorables.

On pensait aller se payer la tronche de Brian Molko. Certains étaient même prêts à le viser de leur paquet de frites. Ben, à petite dose, Placebo, c'était pas honteux. Pas génial, faut pas pousser non plus. Mais loin d'être ridicule. Ca sonne. La voix de Molko n'a pas bougé. Et pour peu qu'il parte sur un bon morceau (bon d'accord, faut déjà remonter pour en trouver), ça le fait même très bien. On en oublierait presque que Nancy Boy a 21 ans... 1 heure du matin. La musique déjà s'éteint. Fini les beats jusqu'aux petites heures. Toutes les scènes des Ardentes sont désormais extérieures. On a donc sacrément avancé l'heure du couvre-feu. On imagine bien que la fiesta jusqu'au petit matin, ça aurait pas plu à tous les voisins. Mais pour le coup, ça fait un peu tristoune. Surtout quand on connaît la difficulté qu'ont souvent les Liégeois à aller se coucher...

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