Fimber Bravo - Con-Fusion

12/02/13 à 11:19 - Mise à jour à 11:19

ÉLECTRO-WORLD | Collaborateur de Morcheeba, Fimber Bravo amène le soleil des Caraïbes avec son steel drum galopant sur des carcasses joyeuses d'electronica. Rafraîchissant.

Fimber Bravo - Con-Fusion

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Fimber Bravo, Con-Fusion, distribué par N.E.W.S. ***

Les 40 premières secondes du disque, c'est juste une intro électronica pareille à d'autres. Puis, sur un glapissement de synthé, surgit un drôle d'animal sonore, clinquant, un peu comme ces carillons chinois balancés par le vent mais ici, rythmé à grande vitesse sur des éclats métalliques mordorés. Ce sucre à l'oreille, c'est le steel drum, "tambour d'acier", percussion idiophone, c'est-à-dire fabriquée avec une matière première qui résonne de son propre corps.

En l'occurrence, ce qui est à l'origine un fût de métal utilisé par l'industrie pétrolière, dont on a sélectionné la partie intérieure, emboutie et martelée pour fabriquer une sorte de wok métallique dont chaque facette répond à la manière d'une cloche, pour le coup, heureuse de vivre. D'autant qu'on la frappe non pas à mains nues mais avec des sticks tout particulièrement calibrés. Une haute spécialité de Trinité-et-Tobago, double île d'à peine 5000 km², au coeur des Caraïbes. Voilà pour la brève technique, le propriétaire du steel et de cet album solo, Fimber Bravo, étant un as de l'instru acrobatique, généralement utilisé en orchestres de rues, particulièrement dans les festivités carnavalesques qui attirent les touristes à Trinidad ou dans les communautés immigrées de Grande-Bretagne.

Space caraïbe

Fimber Bravo a fait ses classes dans le traditionnel -au sein du 20th Century Steel Band-, son single de 1975, Heaven and Hell Is on Earth, étant ultérieurement samplé par Soul II Soul, Grandmaster Flash ou Jennifer Lopez. Trente-sept ans et un déménagement à Londres plus tard, son jeu a gagné la sphère électropop, Bravo jouant avec Morcheeba et, plus intimement, avec Hot Chip. C'est d'ailleurs le chanteur de ces derniers, Alexis Taylor, qui donne sa seule prestation vocale au disque: une ballade d'une mélancolie irlandaise qui s'envole vers des cieux plus cramés, le tout pour déplorer la déliquescence du monde (The World We Live Today). Après deux premières plages, longues et bien carossées, d'abord faites pour décrasser le dance-floor, puis le titre avec Taylor, le disque s'installe dans des contrées diverses.

Le roots calypso (Dimbaya), le space caraïbe (Grey Clouds), l'intimité recueillie (Ancestral Heartbeat), prônant aussi des gammes qui ramènent (encore) à la musique pentatonique chinoise mais sous une forme caoutchouteuse, à l'instar du solo non identifié qui déboule vers les 4 minutes d'Orisha Brazil. Cette sensation de décloison- nement, conduite en compagnie du producteur japonais de Londres, Zongamin, est extrêmement agréable. C'est d'abord ce plaisir d'être en terrain neuf qui rend l'album désirable et vivifiant.

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