Kathryn Bigelow, douleur noire et légitimité

11/10/17 à 09:39 - Mise à jour à 09:40
Du LeVif Focus du 06/10/17

Les émeutes raciales de 1967 à Detroit inspirent à Kathryn Bigelow un thriller sadique et brutal où, légitimement indignée, la réalisatrice américaine semble tout aussi sûrement jouir de ses propres colères. Jusqu'à l'impasse morale? Représentation des minorités visibles et violence au cinéma, épisode 682.

L'Histoire des États-Unis s'est construite dans la violence. Et le cinéma de Kathryn Bigelow n'a jamais cessé d'en témoigner. Dès son court métrage expérimental, The Set-Up, en 1978, le ton est donné. Deux hommes s'y battent dans une ruelle sombre tandis que deux professeurs de philosophie analysent et déconstruisent leur affrontement en voix off. La future réalisatrice de Near Dark, Point Break et autre Strange Days n'a alors que 27 ans et est encore étudiante, mais semble déjà avoir parfaitement identifié ce qu'elle entend porter à l'écran, soit un projet esthétique autant qu'éthique fonctionnant sur deux niveaux: la représentation frontale de la violence et le discours "méta" censé penser celle-ci. Bigelow tourne The Set-Up en une nuit, de neuf heures du soir à sept heures du matin, mais "omet" de préciser à ses acteurs de faire semblant. Résultat des courses, les deux lascars finissent en sang puis alités pendant plusieurs jours.
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