Dunkerque : les différences entre le film et la réalité

26/07/17 à 10:59 - Mise à jour à 11:19

Dunkerque de Christopher Nolan est sorti la semaine dernière sous le plébiscite des critiques. Une de ses principales qualités serait sa vraisemblance historique. Mais, s'il est très réaliste, Dunkerque se permet quelques entorses à la réalité.

Après la sortie du film, la chaine YouTube Looper y a scruté chaque scène pour y trouver les erreurs de reconstitution. Après de longues heures d'analyses, ils ont relevé sept incohérences majeures. Les voici.

Dans tout film de guerre, il est parfois difficile de savoir au premier coup d'oeil qui se bat dans quel camp. C'est probablement ce que s'est dit le décorateur quand il a décidé de repeindre les bouts des avions allemands en jaune. Les messersmith avaient bel et bien l'avant peint pendant la guerre, mais pas pendant les évènements de ce film. Cette transformation date d'un mois après la bataille.

Autre problème récurrent des oeuvres se tenant durant la période 40-45 : les destroyers d'époque ne se trouvent pas sous le pas d'un cheval. Pour la plupart ils sont dans des musées et il est impossible de les sortir en mer. Le cinéaste britannique a donc été contraint de tourner sur un bateau français. Shocking !

Le pilote joué par Tom Hardy semble tiré de l'imagination du scénariste. Son avion ne possède qu'une heure d'autonomie. Or, les avions utilisés pendant la vraie bataille avaient bien plus qu'un tour d'horloge de carburant. Dans le film, on sous-entend que le chasseur a à peine le temps d'aller jusqu'à la plage française avant qu'il ne soit obligé de faire immédiatement demi-tour pour remplir son réservoir. Or les Spitfire pouvaient faire 680km en vol. La distance entre Dunkerque et Douvres n'est que de 75 km. Il ne s'agit donc que d'un argument scénaristique pour faire monter la tension.

Les bateaux se portant à la rescousse ne sont pas non plus d'une très grande fidélité à l'histoire. Dans le film, on montre qu'énormément de pécheurs se sont portés volontaires pour venir en aide aux militaires. Dans la réalité, la plupart n'ont simplement pas eux leur mot à dire. Leurs bateaux ont été réquisitionnés et, en général, pilotés par des membres de la marine non pas par des civils comme dans le film. De plus, sur près de 400 000 soldats piégés, seuls 6 000 ont fait la traversée à bord de cette flotte improvisée. Il ne s'agissait pas du tout du tournant de la bataille.

La dernière incohérence est liée à la reconstitution des lieux. Si le réalisateur de The Dark Knight montre très peu la ville, pour ce qu'on en voit, elle n'a pas l'air trop en ruine. Or les allemands venaient de la bombarder avant l'évacuation. Il semble peu probable que tout ait l'air si propre après un tel conflit.

Tous ces détails ne seront repérés que par les plus fins connaisseurs de l'histoire et ne vont certainement pas déranger le grand public. Un survivant de l'évènement a d'ailleurs déclaré que voir le film était comme replonger dans la bataille.

La critique complète ici.

Adrien Renkin

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