[Critique ciné] Tschick, d'une absolue sincérité

31/10/17 à 11:06 - Mise à jour à 11:06
Du Le Vif Focus du 27/10/17

COMÉDIE DRAMATIQUE | Fatih Akin vibre pour les personnages du roman de Wolfgang Herrndorf qu'il adapte avec la fougue et l'élan propres à son cinéma.

[Critique ciné] Tschick, d'une absolue sincérité

Il se nomme Andrej Tschichatshow mais préfère être appelé "Tschick". Immigré de Russie et suivant les cours d'une école à Berlin, cet adolescent rebelle va nouer une relation d'amitié avec un camarade de classe, Maik. Lequel vit dans un confort bourgeois mais seul, sa mère étant en cure de désintoxication tandis que son père est en voyage d'affaires avec son assistante. Les deux garçons, que tout oppose au départ, vont vivre une folle équipée, sur fond de liberté conquise, de défi aux lois, pas sans danger bien sûr... Fatih Akin vibre d'évidence pour ces personnages d'un roman signé Wolfgang Herrndorf, et qu'il adapte avec la fougue et l'élan propres à son cinéma. Le réalisateur de Gegen die Wand, Auf der anderen Seite et Soul Kitchen apprécie les sujets fort, révélateurs des contradictions de la société et de l'humanité qui peut se trouver à la marge, chez les laissés-pour-compte, celles et ceux qu'on préfère souvent oublier. Ses jeunes interprètes jouent avec une rare justesse, la caméra complice d'Akin chevillée à leurs aventures, à leurs rêves, même confus. Le scénario n'est pas particulièrement original, même quand un personnage féminin s'ajoute non sans piquant au duo Tschick et Maik. Mais l'énergie du film, son absolue sincérité, emportent l'adhésion et empêchent tout raidissement de type sociologique. Le cinéma de Fatih Akin reste un cinéma de personnages, qui résonne avec justesse même et surtout quand il quitte le confort pour assumer ces risques qui seuls font une vie vraiment vécue.

De Fatih Akin. Avec Anand Batbileg, Tristan Göbel, Nicole Mercedes Müller. 1h33. Sortie: 01/11. ***(*)

Nos partenaires