Critique ciné: Still Alice, Alzheimer avec sensibilité mais pas sensiblerie

17/03/15 à 15:30 - Mise à jour à 16:28

Source: Focus

DRAME | Le tandem Glatzer-Westmoreland se montre à la hauteur d'un difficile pari: évoquer la maladie d'Alzheimer, son évolution et ses conséquences avec honnêteté, sensibilité mais pas sensiblerie, tout en évitant l'excès de pathos.

Critique ciné: Still Alice, Alzheimer avec sensibilité mais pas sensiblerie

Julianne Moore dans Still Alice © DR

Un mot vient à manquer. Puis un autre. Et tout vacille en Alice Howland. Eminent professeur de linguistique, elle panique à l'idée que ce même cerveau qui l'a si bien servie puisse à présent la trahir. Bientôt, Alice en aura le coeur net: la maladie d'Alzheimer s'est invitée dans sa vie et le combat contre elle s'annonce désespéré... Sarah Polley avait déjà réussi un très beau film sur le thème de la maladie au grand "A", Away From Her, voici une petite dizaine d'années déjà. Le tandem Glatzer-Westmoreland se montre lui aussi à la hauteur d'un difficile pari: évoquer la maladie, son évolution et ses conséquences -sur le malade, sur ses proches- avec honnêteté, sensibilité mais pas sensiblerie, tout en évitant l'excès de pathos. Richard Glatzer est lui-même atteint de sclérose latérale amyotrophique. Il aura pu se projeter dans la lutte inégale menée par Alice, et lui conférer un supplément de vérité qui en accentue l'impact. Mais si Still Alice touche si fort, si juste, c'est avant toute chose par la grâce de l'interprétation sublime de Julianne Moore. L'immense actrice ne se contentant pas d'une présence bouleversante et d'un jeu aux nuances infinies. C'est elle aussi qui a suggéré aux réalisateurs de prendre Alec Baldwin pour le rôle du mari médecin. Le jeu posé, retenu, de ce partenaire, répondant idéalement au torrent d'émotions vécues et exprimées par le personnage central.

De Richard Glatzer, Wash Westmoreland. Avec Julianne Moore, Alec Baldwin, Kristen Stewart. 1h41. Sortie: 18/03.

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