[Critique ciné] Patti Cake$, une quasi-bombe de film

29/08/17 à 10:57 - Mise à jour à 10:56

Source: Focus Vif

COMÉDIE SOCIALE | Un très prometteur premier film aux fulgurants élans feelgood.

[Critique ciné] Patti Cake$, une quasi-bombe de film

Ayant grandi dans les suburbs de Jersey dans les années 80, Geremy Jasper (lire également son interview dans le Focus du 1er septembre) confesse aisément qu'il ne s'est forgé une culture cinéphile que sur le tard, en découvrant notamment, étudiant, le cinéma de David Lynch. Avant cela, ses connaissances en la matière se résumaient peu ou prou aux diffusions télé de Revenge of the Nerds, se plaît-il ainsi à fanfaronner. Et, en un sens, son premier long métrage ne raconte rien d'autre que cela: la revanche des nerds. Soit l'histoire de Patricia "Dumbo" Dombrowski, alias Killa P, alias Patti Cake$, jeune femme au physique ingrat qui rêve de lâcher son job de serveuse dans un bar miteux pour devenir la nouvelle étoile filante du rap game. Avec elle, les mots fusent comme des balles, mais le sentier de la gloire est pavé d'embûches... Sur cette trame rabâchée au possible, Jasper, qui signe le scénario mais aussi la musique du film, s'autorise toutes les fantaisies. En choisissant de ne jamais choisir entre la vie et le fantasme, le cinéma social et les délires psychés, il parvient à figurer le monde comme l'envisage son anti-héroïne à la niaque extra-large: en technicolor. Pas la moindre des réussites de ce très prometteur coup d'essai dont les fulgurants élans feelgood se crashent hélas dans un final à la fois complètement excessif et tristement convenu. Une quasi-bombe de film.

De Geremy Jasper. Avec Danielle Macdonald, Bridget Everett, Siddharth Dhananjay. 1h48. Sortie: 30/08. ***(*)

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