Critique ciné: Mange tes morts, putain de film

21/04/15 à 15:34 - Mise à jour à 15:34

Source: Focus

DRAME/ACTION | Jean-Charles Hue, le réalisateur de ce film formidable, filme les marginaux d'une société qu'il vomit.

Critique ciné: Mange tes morts, putain de film

Mange tes morts, de Jean-Charles Hue © DR

La prison n'a pas changé Fred Dorkel. Quinze ans à l'ombre et même pas mal! L'homme retrouve sa famille de gens du voyage, des Yéniches au campement installé dans le nord de la France. Avec ses frères Mickaël et Jason, il ne tardera pas à préparer une expédition nocturne, au volant de son increvable BMW Alpina, sur les traces d'un camion rempli de cuivre que tout "chouraveur" digne de ce nom ne peut que vouloir taquiner... Comme le héros de son film, Jean-Charles Hue (lire son interview dans le Focus du 17 avril) donne dans la récidive. Après le déjà percutant La BM du seigneur, il signe un Mange tes morts à l'impact encore supérieur. L'équipée sauvage des Dorkel, impliquant un cousin au passage, est dès le départ promise à un sort funeste. Comme dans certains des meilleurs films "noirs" américains, où le fatum pèse lourd et où un sombre romantisme met la soif de liberté à l'épreuve des balles plutôt que des barreaux. L'adrénaline monte et monte encore, en cette nuit qui n'en finit pas et sous le silence de ce dieu que le benjamin des frères devrait rejoindre -s'il s'en sort- pour un baptême festif dans une communauté que la foi évangéliste travaille de plus en plus... C'est sauvage et beau, brutal et poétique, émouvant et choquant. Avec des personnages (joués par des non-professionnels) à la marge, superbes et effrayants, extrêmes et irréductibles aux lois d'un monde qui ne veut pas plus d'eux qu'ils ne veulent de lui. P... de film!

DE JEAN-CHARLES HUE. AVEC JASON FRANÇOIS, MICHAËL DAUBER, FRÉDÉRIC DORKEL. 1H38. SORTIE: 22/04.

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