[Critique ciné] La Terre abandonnée, film-épitaphe d'une victime de l'attentat de Maelbeek

11/10/16 à 16:34 - Mise à jour à 12/10/16 à 11:06

Source: Focus Vif

DOCUMENTAIRE | Ingénieur du son apprécié, Gilles Laurent mettait un point final à La Terre abandonnée, son premier documentaire en tant que réalisateur, lorsqu'il perdit la vie dans l'attentat du métro Maelbeek, le 22 mars dernier.

[Critique ciné] La Terre abandonnée, film-épitaphe d'une victime de l'attentat de Maelbeek

La Terre abandonnée, de Gilles Laurent. © DR

Plantant sa caméra à Fukushima cinq ans après la catastrophe, le cinéaste y allait à la rencontre de Matsumara san, un homme armé d'une solide dose de philosophie et ayant refusé de partir au lendemain du désastre nucléaire consécutif au tsunami, préférant rester sur la terre contaminée afin de s'occuper des animaux abandonnés. À sa suite et au contact encore de deux couples d'"irréductibles", le film dévoile un no man's land irréel, où jusqu'à la quiétude s'avère intranquille. Et d'instruire, au gré de ses respirations, une méditation féconde sur le lien entre l'homme et son environnement, réflexion tant écologique que philosophique produisant une onde profonde. Non content d'avoir l'oreille, l'auteur avait de toute évidence le regard...

Flagey a l'excellente idée d'adjoindre à cette sortie un hommage sous la forme d'une sélection de films auxquels Gilles Laurent apporta son talent d'ingénieur et monteur son. De Rumba du duo Abel et Gordon à Poulet aux prunes de Marjane Satrapi, de Nuit noire d'Olivier Smolders à Batalla en el cielo de Carlos Reygadas, de La Cantante de tango de Diego Martinez Vignatti à Little Black Spiders de Patrice Toye, il y en a là pratiquement pour tous les goûts. Et la démonstration, aussi, que le cinéma d'auteur se déclinait résolument sans frontières pour ce dévoreur du monde...

DE GILLES LAURENT. 1H13. SORTIE: 12/10. ***(*)

FLAGEY, JUSQU'AU 30 NOVEMBRE. WWW.FLAGEY.BE

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