Critique ciné: La Marche

26/11/13 à 14:03 - Mise à jour à 14:03

Source: Focus Vif

Révélé par Les Barons, Nabil Ben Yadir s'attaque ici à l'élan qui a mené à une grande Marche pacifique pour l'égalité et contre le racisme dans la France de 1983.

Critique ciné: La Marche

La Marche © DR

Révélé il y a quatre ans par Les Barons, Nabil Ben Yadir s'attèle, pour son deuxième long métrage, à une fresque de grande ampleur, revenant sur l'élan qui, dans la France de 1983, allait voir des jeunes gens lancer une grande Marche pacifique pour l'égalité et contre le racisme. Et rallier Marseille à Paris, mobilisant sur leur passage un nombre toujours plus grand de personnes -ils seront plus de 100.000 à les rejoindre dans la capitale française. Ces événements, le réalisateur les retrace par le menu, depuis la bavure mettant le feu aux poudres à la cité des Minguettes jusqu'à la tentative de récupération politicienne consécutive au succès de l'entreprise. Au passage, il souligne les enjeux d'alors, dans une France rongée par l'intolérance et la violence raciale, et leur résonance assourdissante à 30 ans de distance -il faudrait être amnésique pour ne pas réaliser que l'Histoire a une fâcheuse tendance à repasser les plats, et que la mobilisation est toujours bienvenue.

Voilà pour le cadre, et le message, que défendent avec conviction les Lubna Azabal, Hafsia Herzi, Jamel Debbouze et autre Olivier Gourmet, quelques-uns des acteurs de cette oeuvre chorale. Mais si La marche est assurément un film généreux et pertinent, Nabil Ben Yadir y a malheureusement le trait fort appuyé, s'en tenant, pour l'essentiel, à une accumulation de péripéties en une dramaturgie lourdement démonstrative. Et rappelant, incidemment, cette vérité cinématographique voulant que les bons sentiments et les meilleures intentions ne font pas nécessairement les grands films.

  • DE NABIL BEN YADIR. AVEC TEWFIK JALLAB, OLI-VIER GOURMET, LUBNA AZABAL. 2H. SORTIE: 27/11.

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