[Critique ciné] La Langue de ma mère (Sprakeloos), touchant de simplicité et sincérité

14/03/17 à 11:47 - Mise à jour à 12:17

Source: Focus Vif

DRAME AUTOBIOGRAPHIQUE | Hilde Van Mieghem adapte le livre largement autobiographique de Tom Lanoye et dirige sa propre fille.

[Critique ciné] La Langue de ma mère (Sprakeloos), touchant de simplicité et sincérité

Le livre largement autobiographique de Tom Lanoye avait connu le succès, tant dans sa version originale (Sprakeloos) que traduit en français sous le titre La Langue de ma mère. Le romancier flamand y évoquait la figure d'une mère comédienne frappée brutalement par une attaque cérébrale et que les mots désertent tandis qu'elle sombre dans une démence fatale. L'adaptation cinématographique a été confiée à l'actrice, scénariste et réalisatrice Hilde Van Mieghem, laquelle dirige sa propre fille Marie Vinck dans le personnage de Josée (la mère) saisie en pleine jeunesse par les souvenirs de l'auteur (que joue Stany Crets). Vivianne De Muynck incarnant Josée au crépuscule de sa vie, une performance douloureuse, sur le fil du rasoir, qui est le coeur battant d'un film au style classique -voire académique- et réaliste, même s'il s'ouvre à des passages poétiques du présent au passé. Van Mieghem, qui a écrit le script avec Bert Scholiers, a su respecter le texte de Lanoye (par endroit directement cité en voix off) tout en prenant la distance indispensable à une proposition dramatique autonome. Son film touche par sa simplicité, sa sincérité. Il évite presque toute surenchère sentimentale et modère les effets de style au profit d'une quête de vérité, de légitimité par rapport à l'âme d'un matériau d'origine on ne peut plus intime. Tom Lanoye en est bien conscient, qui ne cache pas son bonheur et son approbation devant un film rendant justice à son oeuvre comme à ses émotions.

De Hilde Van Mieghem. Avec Vivianne De Muynck, Stany Crets, Marie Vinck. 1h45. Sortie: 15/03. ***(*)

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