BSFF: le court en dit toujours long...

27/04/17 à 10:54 - Mise à jour à 11:01
Du LeVif Focus du 21/04/17

Pendant dix jours, la capitale va vivre au rythme du Brussels Short Film Festival. Présentation d'une édition anniversaire, et retour sur quelques temps forts de son histoire...

BSFF: le court en dit toujours long...

Le Cri du homard © DR

De The Big Shave de Martin Scorsese, couronné en 1967 au festival Exprmntl de... Knokke organisé à l'époque par la Cinémathèque, à Hotel Chevalier de Wes Anderson, maître prologue à The Darjeeling Limited, les exemples abondent de courts métrages n'ayant guère à envier en intérêt et en qualité aux formats plus longs. Démonstration, encore, avec le Brussels Short Film Festival, qui s'est imposé, en 20 éditions, en incontournable révélateur de talents, ayant accompagné les premiers pas de cinéastes comme Bouli Lanners, Ursula Meier ou Michaël R. Roskam, mais aussi d'une comédienne comme Cécile de France, parmi beaucoup d'autres -outre les susnommés, Joachim Lafosse, Samuel Benchetrit, Gérald Hustache-Mathieu, Alain Berliner, Luc Dardenne, Jean-Paul Rouve ou Jaco Van Dormael comptent parmi les artistes ayant participé à des titres divers au festival.

Qui dit édition anniversaire pense souvent best of, et le BSFF consacre cette année une large partie de sa programmation à ses 20 ans, avec un volet rétrospectif articulé en quatre programmes intitulés respectivement "Tous à poil", "Il était une fois il était une fois", "Fabuleux destin" et "Alors on danse". Soit l'occasion de revoir divers films ayant marqué l'Histoire de la manifestation, en un panorama allant de Music for One Apartment and Six Drummers des Suédois Ola Simonsson et Johannes Stjärne Nilsson, au Cri du homard du Belge Nicolas Guiot (lire aussi ci-dessous).

En dehors de ce récapitulatif, le festival fait voeu d'abondance, avec quelque 300 films répartis en pas moins de 57 programmes. Trois compétitions en composent l'épine dorsale, à savoir l'internationale (58 films originaires de 30 pays différents, de la France à Taïwan, que départagera un jury présidé par Claude Barras, le réalisateur de Ma vie de Courgette, épaulé notamment par Marie Gillain et Yoann Blanc); la nationale (36 films, dont Le Bruit du gris de Stéphane Aubier et Vincent Patar, Les Tubes de Matthieu Donck et Xavier Seron, ou Remember Me de Fabrice Murgia), et la mixte Next Generation, forte de 40 titres (dont Paul est là de la Belge Valentina Maurel, également invité à la Cinéfondation cannoise). L'autre pivot de la programmation est constitué par son large volet off, ventilé en trois soirées événements (ouverture, clôture et nuit du court, le 29 à Flagey), une rubrique "rock'n'roll" se voulant plus trash (avec notamment un programme concocté par l'équipe du festival Courts Mais Trash), des "musts" (rétrospective des incontournables des éditions précédentes, nominés aux Oscars 2017, projections en plein air et European Film Awards, proposant le meilleur des courts récompensés de Berlin à Venise). Sans oublier deux travellings géographiques, consacrés l'un au cinéma latino, via le festival de Biarritz, l'autre au cinéma britannique, avec un double programme mettant à l'honneur l'humour british, of course, mais aussi le cinéma d'animation d'une contrée abritant notamment les légendaires studios Aardman...

BRUXELLES, DU 27/04 AU 07/05. DÉCENTRALISATIONS EN WALLONIE À PARTIR DU 12/05. WWW.BSFF.BE

L'histoire du BSFF en quatre temps forts

Travellinckx, de Bouli Lanners, 1999

Bouli Lanners présente son premier court métrage, Travellinckx, lors du millésime 1999 du festival. L'histoire de Didier (Didier Toupy), hypocondriaque dépressif décidant de filmer un testament vidéo à l'attention de son père. Et sillonnant l'horizon wallon à bord d'une camionnette, équipée improbable perturbée par l'évasion de Marc Dutroux. Étonnant, le road-movie annonce les Eldorado, Géants et autre Les Premiers, les Derniers à venir, avec sa touche de laconisme absurde, et la musique de Jarby Mc Coy...

Music for One Apartment and Six Drummers, d'Ola Simonsson et Johannes Stjärne Nilsson, 2001

Six percussionnistes investissent un appartement quelconque pour y interpréter une symphonie en quatre mouvements en recourant aux instruments les plus divers -brosse à dents, écuelle du chien, tuyau d'aspirateur... Méthodiquement chorégraphié, il y a là un happening pour le moins surprenant, auquel ses deux auteurs, les Suédois Ola Simonsson et Johannes Stjärne Nilsson, donneront un prolongement à l'échelle d'une ville avec le non moins mémorable long métrage Sound of Noise, sorti dix ans plus tard.

Sortie de clown, de Nabil Ben Yadir, 2005

Quatre ans avant Les Barons (et douze avant Angle mort, son dernier long en date), Nabil Ben Yadir faisait ses débuts au festival avec le court métrage Sortie de clown. Soit l'histoire de Lucien (Jan Hammenecker), croque-mort de profession endossant des habits de clown pendant ses loisirs afin de distraire des enfants hospitalisés aux étages supérieurs, pour se heurter au silence de l'occupant de la chambre 237. Et un film sans paroles mais pas sans finesse s'insinuant joliment au-delà des apparences...

Le Cri du homard, de Nicolas Guiot, 2012

Après avoir travaillé avec Nicole Palo (Get Born) et Vincent Lannoo (Little Glory), Nicolas Guiot passe à la réalisation en 2012 avec Le Cri du homard. Le coup d'essai est un coup de maître, le film -racontant l'histoire, à l'été 2004, d'une fillette russe fraîchement installée en France avec sa famille et attendant l'arrivée de son frère Boris, parti combattre en Tchétchénie- trustant les honneurs et obtenant le Grand Prix de la compétition nationale avant le Magritte et le César du meilleur court métrage 2013.

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