Critique

[à la télé ce soir] Because of My Body

Julien Broquet
Julien Broquet Journaliste musique et télé

Elle a un look rock’n’roll. Les cheveux bleus et une boucle dans le nez. Claudia a 21 ans, est bavarde et débordante de vie, mais elle souffre de spina-bifida, une malformation congénitale de la colonne vertébrale.

Claudia est totalement dépendante de sa mère qui ne lui lâche jamais la grappe et la porte sur son dos pour monter les escaliers. « À onze ans, elle avait choisi de quelle façon elle voulait mourir et avait choisi le télésiège. Elle rêvait qu’il se décroche« , raconte la madre. Devenue une jeune femme, l’Italienne rêve désormais de trouver l’amour, de perdre sa virginité ou à tout le moins de découvrir le plaisir. Elle, dont l’éducation sexuelle se limite aux vidéos YouPorn. Pour ce faire, elle engage Marco. Un assistant de vie intime, affective et sexuelle. Marco travaille pour l’association Love Giver, un groupe de psychothérapeutes, de sexologues et de travailleurs sociaux qui aident des handicapés physiques à explorer leur corps et appréhender leur sexualité. Avec beaucoup de finesse, Francesco Cannavà suit au rythme de leurs rendez-vous la relation privilégiée que Claudia et Marco vont tisser. Avec pudeur et franchise, il raconte les discussions intimes, les séances de body-painting et l’éducation aux jeux solitaires… L’engagement émotionnel aussi difficilement évitable. Because of My Body offre un regard singulier, poignant et nécessaire.

Documentaire de Francesco Cannavà. ****

Lundi 3/05, 00h05, Arte.

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