Critique | Apple TV

La série de la semaine: Shining Girls, let the mystery be…

3,5 / 5
© apple tv+
3,5 / 5

Titre - Shining Girls

Genre - Thriller

Réalisateur-trice - Silka Luisa, Avec Elisabeth Moss, Wagner Moura, Jamie Bell.

Quand et où - Disponible sur Apple TV+

Shining Girls renouvelle le thriller, avec une touche de fantastique déroutante mais fascinante. mais la série déçoit dans la résolution de son intrigue.

Qu’il est délicieux, au milieu de ces quantités extravagantes de nouvelles productions sérielles lâchées sur les plateformes chaque semaine, d’encore pouvoir être surpris. Librement adapté d’un roman éponyme de Laura Beukes, Shining Girls suit Kirby Mazrachi (Elizabeth Moss), archiviste du Chicago Sun-Times. Victime d’une violente attaque au couteau de laquelle elle a miraculeusement survécu, elle se remet tant bien que mal. Elle a beau tout inventorier dans son carnet, son existence semble, depuis, sans cesse s’altérer. Lorsque le corps sans vie d’une femme est retrouvé avec des mutilations similaires aux siennes, elle mène l’enquête avec Dan Velazquez, un reporter de son journal.

Ce n’était pas gagné d’avance: on assiste à des crimes avant qu’ils ne soient commis dans le présent de l’intrigue -ce que l’on pense être le présent de l’intrigue, du moins-, les flash-back et flash-forward s’entremêlent… Soyons franc, au début de la série, à l’instar de Kirby, on est à deux doigts de perdre pied. C’est une réchappée des Leftovers de Damon Lindelof, Amy Brenneman, qui campe la mère de Kirby, rockeuse paumée sur le retour. Mais dans la série, le temps et la réalité cahotent, et c’est sur l’île mystique de Lost (dans la saison 5 pour être précis) , autre création Lindelof, que l’on se croirait revenu.

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La série ne comptent que huit épisodes, mais avance posément, et les pièces du puzzle se mettent très lentement en place. On ne peut pourtant se détourner de l’écran, tant ces mystères intriguent et fascinent -est-ce le tueur qui voyage dans le temps, ou Kirby qui saute d’une réalité à une autre, ou a-t-elle tout bêtement perdu la raison à la suite de sa terrible agression? L’interprétation y est aussi pour beaucoup: Jamie Bell a bien mûri depuis Billy Elliot et fait très bien le serial killer. Wagner Moura, le Pablo Escobar de Narcos, est parfait en journaleux à la réputation ternie par la drogue et l’alcool… Mais c’est encore une fois Elisabeth Moss qui remporte la mise, avec sa composition ébouriffante de femme tourmentée à travers les traumas et le temps. Comme dans The Handmaid’s Tale, elle s’essaie même une nouvelle fois à la réalisation (l’épisode 7).

Côté ambiance, Silka Luisa, la créatrice du show, avoue une forte influence pour les polars 70’s à la Klute d’Alan J. Pakula. On pense aussi inévitablement au Zodiac de David Fincher, avec le même partage salle de rédaction/scènes de crime sordides, et auquel certaines scènes semblent avoir été empruntées. Shining Girls y ajoute une atmosphère fantastique, sombre et inquiétante à souhait. Les trois derniers épisodes (l’antépénultième, à haute inspiration surréaliste, est visuellement superbe) tiennent à expliquer les agissements du tueur, et à résoudre le ou les mystères à tout prix. On ne pourra que se sentir frustré, tant on aura chéri, dans la première partie, ces moments de confusion déroutants.

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