Critique | Disney+

[la série de la semaine] The Book of Boba Fett, sur Disney+

Nicolas Bogaerts Journaliste

Loin du lancement en fanfare qu’on attendait d’une fiction autour d’un personnage à ce point culte, The Book of Boba Fett semble retenir ses coups.

Personnage ultrapopulaire de la galaxie Star Wars, Boba Fett est apparu pour la première fois à la faveur de son recrutement par Dark Vador dans L’Empire contre-attaque. Le chasseur de primes, féal du caïd Jabba le Hutt, est passé de vie à trépas dans l’épisode suivant, Le Retour du Jedi, bêtement englouti par le Sarlacc, cette bouche géante tapie dans le désert de Tatooine. Devenu, par son style high-tech et taciturne, une figure iconique et un produit dérivé plébiscité, Fett a vu son arche narrative enrichie dans les prolongements éditoriaux (BD, romans) et, surtout, dans le prequel L’Attaque des clones: il y est le fils orphelin de Jango Fett, souche des premiers soldats de l’Empire, dont il reprendra le costume et l’arsenal de gadgets. Après une incursion remarquée dans The Mandalorian, le voilà enfin au coeur de sa propre fiction déployée sur Disney+. On retrouve Jon Favreau aux manettes de cette seconde fiction casquée, aidé ce coup-ci par Robert Rodriguez à la réalisation, alors que Temuera Morrison reprend son rôle avec une prestance maturée.

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Action homéopathique

Le premier chapitre de ce Livre consiste à recoller les pièces du puzzle. Fett a réussi à s’extraire du ventre du Sarlacc, par la grâce combinée du miracle et de l’ingéniosité. Dans l’immédiat, appuyé par sa comparse, la nouvelle venue Fennec Shand (Ming-Na Wen), et hanté dans ses rêves par son passé tourmenté, il entend prendre le contrôle de l’opération criminelle de feu Jabba. Presque méditative, la dynamique des deux premiers épisodes ne fait usage de l’action pure que de manière homéopathique. Mais suffisamment pour donner l’impression que, loin de céder au simple fan service, la série, qui lorgne elle aussi le western galactique, proposera néanmoins son lot de révélations, de rustines collées à la grande roue de la saga -toute la clique de Jabba, ainsi que les Jawas, figures emblématiques de la planète Tatooine, font leur come-back. Mais alors que dès son ouverture The Mandalorian avait livré son lot d’images et de personnages quasi bibliques, The Book of Boba Fett paraît prendre de profondes et calmes respirations avant de se lancer. Si l’alchimie entre Fett et Shand paraît un peu surfaite, c’est sur l’agencement des intrigues et l’identification précise de la quête centrale du premier que résident les points d’interrogation. À ce stade, il manque à ce Fett-là une réelle épaisseur, une forme de complexité qui lui permette de dépasser l’imagerie monolithique que lui confère son statut d’icône. La fin du second épisode, qui enclenche la vitesse supérieure, lève toutefois ces premières réticences.

The Book of Boba Fett

Science-fiction. Une série créée par Jon Favreau. Avec Temuera Morrison, Ming-Na Wen, Matt Berry. disponible sur Disney+. ***(*)

[la série de la semaine] The Book of Boba Fett, sur Disney+

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