Roger Dean et Avatar, le jeu des ressemblances

Les multiples couvertures réalisées pour le groupe Yes, rendent Dean célèbre. © National
Philippe Cornet
Philippe Cornet Journaliste musique

La sortie du deuxième volet d’Avatar de James Cameron rappelle combien l’univers graphique imaginé par l’illustrateur britannique Roger Dean a inspiré les paysages de Pandora. Mais la justice n’y a pas vu plagiat.

Alors que sort le 14 décembre le deuxième épisode d’Avatar, nul doute que Roger Dean va une nouvelle fois devoir ronger son frein. En cause, la ressemblance que ce dernier, fameux designer et éditeur britannique, noue entre ses créations et l’esthétique du triomphant film de James Cameron sorti en 2009. Succès titanesque aux presque 3 milliards de dollars de recettes. Non pas que Dean soit de l’espèce underground puisque son travail -entre autres, peintures, livres, vidéos- s’est vendu à plus de 150 millions d’exemplaires.

L’univers graphique de Yes, c’est Dean

Ayant partiellement grandi en Chine, Dean a absorbé dans son travail la nature du pays, en particulier celle des paysages escarpés de monts de granit et de multiplications des pins de la province d’Anhui. Dès la fin des sixties, Dean produit des pochettes de disques. Là commence le possible rapprochement entre ses visuels colorés, sauvages, fantasmagoriques, et le blockbuster. En 1971, pour l’album d’Osibisa -groupe africano-antillais basé à Londres-, il conçoit de drôles de créatures volantes, des “papillons-éléphants” volants prêts à être chevauchés. Mais ce sont ses fantasmes visuels pour les prog-rockers de Yes -en particulier les six pochettes des années 70- qui se rapprochent potentiellement le plus de la future franchise Avatar. Îles flottantes d’une planète dévorée de végétation, sentiers tourbillonnants vers l’inconnu, sensations spatiales mystérieuses, spirales tropicales touffues… Dean conçoit un univers onirique qui suggère des forces autres, inconnues, non terrestres. En bon Anglo-Saxon, en 2013, le créateur entame une action judiciaire devant une cour new-yorkaise, arguant que le film Avatar a plagié quatorze de ses images et réclamant à Cameron et compagnie la somme de 50 millions de dollars. Bien que l’équipe ciné admette son l’influence, Dean a été débouté en 2014. À vous de juger.

Sur cette pochette d’Osibisa, Dean imagine des animaux volants inédits.
Sur cette pochette d’Osibisa, Dean imagine des animaux volants inédits. © National
Les îles flottantes de Dean…
Les îles flottantes de Dean… © National
…et celles d’Avatar.
…et celles d’Avatar. © National

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