[le jeu de la semaine] The Matrix Awakens: next gen, un an de retard

Michi-Hiro Tamaï Journaliste multimédia

Enfin sur consoles next gen, The Matrix Awakens dope le photoréalisme des open worlds. Un remarquable coup de pub pour Epic Games et Warner.

« À l’avenir, les jeux vidéo deviendront impossibles à distinguer de la réalité« , martelait Elon Musk il y a trois ans. Pour étayer son propos, le patron de Tesla pointait les fulgurants progrès graphiques du jeu vidéo ces 40 dernières années. L’entrepreneur croit également -et logiquement- que nous vivons dans une simulation informatique globale. Loin de toute fadaise complotiste, cette « hypothèse de la simulation » imaginée par le philosophe Nick Bostrom suppose qu’une civilisation « posthumaine » aurait suffisamment de puissance de calcul pour faire tourner notre monde. Impossible de ne pas y repenser face au réalisme urbain inédit de The Matrix Awakens.

The Matrix Awakens n’est pas un jeu vidéo, mais bien une démo technique qui s’en rapproche. Téléchargeable gratuitement, ce double coup marketing est admirable. Il démontre en effet la puissance du moteur graphique d’Unreal 5 tout en rappelant la présence en salles de Matrix Resurrections. Tous deux basés sur l’idée d’une réalité parallèle digitale, l’outil technique d’Epic Games et le film de Lana Wachowski entrent ici en résonance pour une expérience dont la cohérence fera date. Mais pas que.

S’ouvrant sur un extrait filmé du premier Matrix sorti en salle en 1999, l’intro de The Matrix Awakens se paie ainsi le luxe de basculer du film au jeu vidéo sans (grosse) transition perceptible. Keanu Reeves et Carrie-Anne Moss s’y démultiplient et changent d’âge, en parlant de réalité. Convaincant au poil de barbe près, les gros plans de leurs visages se doublent toutefois d’animations corporelles un peu saccadées. Ce détail qui trahit la nature synthétique des acteurs s’efface toutefois rapidement dès la première phase de gameplay amorcée.

[le jeu de la semaine] The Matrix Awakens: next gen, un an de retard

Comme au cinéma

Slalomant à toute allure sur une autoroute urbaine, le gamer y vit un rail shooter très classique mais diablement beau. Des agents Smith sautent d’une voiture en marche. Un hélicoptère militaire pétarade entre des immeubles. D’un tonneau automobile fou en slow motion, on ne fait que viser certains points adverses avec une arme à feu, mais la magie opère et l’impression d’évoluer dans un film s’impose. L’impression d’une séquence précalculée domine. Malin, Epic Games le sait et en profite pour surprendre le joueur en le laissant, par la suite, explorer ces mêmes décors urbains à pied, en voiture ou en drone.

Malgré des déplacements humains un peu hachés et au-delà de certaines vitrines un peu vides, difficile de prendre en défaut cet open world inspiré par New York. Clou du spectacle, l’exploration en mode drone de la cité permet de prendre son ampleur dingue (un peu plus de 4 kilomètres de large et près de 5 de long). Animée par 38.146 véhicules en mouvement, la ville livre des embouteillages dantesques et permet surtout d’accélérer en temps réel la rotation du soleil. Les ombres s’étirent alors sur les gratte-ciel et la circulation pour un timelapse sorcier. Un an après la sortie des Xbox Series et PlayStation 5, le jeu vidéo next gen, le vrai, est enfin là. Ou presque.

The Matrix Awakens: An Unreal Engine 5 Experience

Démo technique/open world. Édité et développé par Epic Games, âge: 16+, disponible sur PlayStation 5 et Xbox Series. ****(*)

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