Kevin Morby – “This Is a Photograph”

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Julien Broquet
Julien Broquet Journaliste musique et télé

En janvier 2020, Kevin Morby feuillette des photos dans la cave de la maison de son enfance à Kansas City. Quelques heures plus tôt, son père s’est effondré devant lui lors d’un dîner de famille et a dû être emporté à l’hôpital. Le singer-songwriter s’arrête cette nuit-là sur un vieux cliché de son paternel qui pose torse nu, jeune, fort et fier en regardant avec défiance l’objectif. Alors que son papa retrouve des forces, Morby cogite. Il part à Memphis, s’installe au mythique Peabody Hotel et passe ses journées à rendre hommage aux rêveurs qu’il a admirés. Il se rend sur les bords du Mississippi, là où Jeff Buckley s’est noyé. Il se promène dans le quartier où Jay Reatard a passé sa dernière journée, parle avec les fantômes du label Stax, arpente la Highway 61 et marche sur les pas d’Elvis. Le soir, il documente ses réflexions avec une guitare et un micro. Enregistré dans le studio encore en construction de Sam Cohen (le producteur de Singing Saw et d’ Oh My God) et terminé à la Sam Phillips Recording Company avec le fils de ce dernier, This Is a Photograph repose sur un remarquable casting. Le boulot d’habitués (Cochemea Gastelum, Alecia Chakour, Eric Johnson…) et le travail de nouveaux venus (Makaya McCraven, Cassandra Jenkins, Brandee Younger…). Il y a du banjo, des cordes, du saxophone et de la harpe sur ce formidable album qui pleure ses héros et compare les Hallelujah. Des morceaux de cow-boy ( Bittersweet, TN), des ballades désarmantes ( A Coat of Butterflies) et un titre plus électrique ( Rock Bottom). Une nouvelle preuve éclatante des talents d’écriture du bonhomme.

Distribué par Dead Oceans/Konkurrent.

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