Critique | Séries

Makanai: une immersion douce chez les apprenties geishas

4,0 / 5
© netflix
4,0 / 5

Titre - Makanai: Dans la cuisine des maiko

Genre - Comédie dramatique

Réalisateur-trice - Hirokazu Kore-eda

Quand et où - Disponible sur Netflix

Casting - Nana Mori, Natsuki Deguchi, Ai Hashimoto

Nicolas Clément
Nicolas Clément Journaliste cinéma

La nouvelle série cornaquée par Hirokazu Kore-eda célèbre avec douceur les vertus de la sororité dans l’univers feutré des apprenties geishas.

Actualité chargée pour Hirokazu Kore-eda (Nobody Knows, Une affaire de famille), le grand maître contemporain du cinéma nippon. Alors que Broker, son dernier long métrage en date, a atterri dans les salles belges en décembre et qu’il s’apprête déjà à sortir Monster, son nouveau film, en juin au Japon (après un énième passage par la compétition cannoise?), voici que déboule sur Netflix Makanai, la deuxième série pilotée par ses soins, onze ans après l’assez mièvre et décevante Going My Home.

Adapté d’un manga à succès, l’objet se présente sous la forme d’un chapelet de neuf épisodes qui accompagnent deux amies d’enfance, Kiyo et Sumire, à leur arrivée à Kyoto aujourd’hui. “On dirait qu’on a remonté le temps”, s’exclament-elles d’une seule voix en débarquant dans le fameux quartier des geishas. Les deux adolescentes y sont précisément venues poursuivre leur rêve commun: se plier à l’exigeante formation des maiko (apprenties geishas). Il apparaît bien vite, cependant, que Kiyo ne possède pas les qualités requises. Elle n’en demeurera pas moins aux côtés de sa meilleure amie en devenant la makanai (cuisinière) passionnée d’une maison abritant une poignée de novices…

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Trouver sa voie

Estimant que l’industrie audiovisuelle de son pays manque cruellement de nouveaux talents, Kore-eda a choisi de collaborer avec trois jeunes réalisateurs japonais pour signer les épisodes de la série. En résulte un ensemble à l’esthétique relativement passe-partout et au charme à combustion lente. Il faut deux bons épisodes, en effet, pour que Makanai se mette véritablement en place, cette plongée inédite dans l’univers très codé des apprenties geishas semblant d’abord cruellement manquer d’ampleur et de profondeur. Mais si l’attention constante portée aux détails (culinaires, notamment) frise parfois ici l’anecdotique, c’est aussi pour mieux souligner, on le comprend bien assez tôt, que le bonheur des personnages, mais aussi à l’arrivée celui des spectateurs, réside dans les choses simples: le partage d’une innocente confidence au creux d’une oreille bienveillante, la préparation en catimini d’un plat au réveil, le maniement d’un ustensile porteur d’une histoire intime, les petites superstitions et habitudes qui orientent le quotidien…

Capable de nous prendre par surprise avec une infinie délicatesse, la série finit par tirer une force inouïe de son mélange fragile de modestie et de candeur. On y découvre une bande de filles venues de tous les horizons pour faire famille dans un irrésistible esprit de sororité, ainsi qu’un microcosme dévoilant patiemment ses règles et son fonctionnement au fil d’épisodes où il s’agit avant tout pour chacune de trouver sa voie, sa juste place dans le monde. Il faut chérir chaque instant, réalisent-elles au cours de leur apprentissage. Eh bien oui, chaque minuscule petite seconde de Makanai finit par nous faire fondre…

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