Trufrock

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John Trufrock, dandy anglophile, se rend à la traditionnelle réunion parisienne du non moins énigmatique Kit Kat Club. Sur la route, il a décidé d’en finir avec les pigeons… Alexis Tchkotoua est traducteur, et particulièrement anglophile. Le titre de son premier roman est un clin d’œil à un poème de T.S. Eliot (The Love Song of J. Alfred Prufrock). Quant à l’ouvrage en lui-même, il est truffé de références aux arts et aux mœurs britons (Shakespeare, Marlowe) ou nord-américains (on croise même l’ex-joueur NBA Reggie Miller), ou encore de collages de textes (en français comme en anglais). Au point d’y perdre son lecteur? Il est vrai qu’au terme de cette succession de situations grotesques mettant aux prises le héros, au volant de sa Trufrock-mobile douée de parole, avec quelques clochards célestes aux discours délirants, on frise rapidement l’indigestion d’absurdités… Jusqu’à ce périple halluciné dans un ascenseur dément, au sein d’une improbable tour peuplée de savants évidemment fous à lier. Cette folie qui s’invite alors rappellera la prose postmoderniste d’auteurs anglo-saxons comme l’Américain Mark Leyner. Un brin effrayé au départ, on ressentira in fine un réel plaisir à la lecture des (més)aventures «trufrockiennes», le héros toujours là où il ne faut pas. Une audace plutôt rare dans le petit monde des lettres francophones.

D’Alexis Tchkotoua, éd. de l’Olivier, 192 p.

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