Philippe Cornet
Philippe Cornet Journaliste musique

20.40 ARTE

Une soirée mi-gai, mi-spleen qui, après un plantureux concert de Queen à Wembley en 1986, nous entraîne dans deux docs scrutant les vies dissolues de George Michael et Klaus Nomi. La pièce d’entrée est donc Queen Live At Wembley programmée à 20.40: une captation d’une heure réalisée dans l’ambiance triomphale du Magic Tour de 1986. Le 12 juillet de cette année-là, au londonien stade de Wembley, Queen offre une prestation sold out devant 75 000 spectateurs en extase, il y en aura une seconde. L’affaire est en tout point exhibitionniste et mégalomane mais aussi formidablement efficace. Douze ans après son premier hit (le cinglant Killer Queen), le quatuor anglais est devenu un éléphant à la parade, boosté par le maniérisme hypertrophié de Freddy Mercury (photo). Celui-ci, cheveux courts et moustache de backroom, finit engoncé dans une cape royale et une couronne sur God Save The Queen: il incarne parfaitement le rock dinosauresque, celui de la débauche annoncée. Ceci dit, Mercury chante extraordinairement bien et avale les classiques comme le champagne de ses soirées chaudes. Le groupe est impeccable, Brian May, en particulier, fournit un impressionnant travail aux guitares, au carrefour de la mélodie suprême et de la névrose électrique. La version d’une heure qui nous est proposée par Arte (1), initialement sortie en VHS en 1990, rabote méchamment les vingt-neuf morceaux de la performance originale. Dommage, même si cela vaut bien son pesant de poppers.

GEORGE MICHAEL ET KLAUS NOMI

George Michael mon histoire – à 21.45 – est un long calibre documentaire de 95 minutes plongeant dans la chronologie de l’ex-chanteur de Wham! A l’anglaise, c’est-à-dire sous la bannière de témoignages de proches – Andrew Ridgeley, les choristes de Wham!, son père, son actuel compagnon etc. -, et avec force vérité historique. Sans un excès de langue de bois donc. Le troisième volet de cette Thema déboule à 23.20 façon Nos chers disparus et nous raconte The Nomi Song, la saga de Klaus Serber – alias Klaus Nomi – né en Bavière en 1944 et mort du sida à New York, trente-neuf ans plus tard. Entretemps, il a brièvement fait flamber les charts avec son mélange d’opéra et de look sci-fi rétro et séduit David Bowie. Nonante-trois minutes pour plonger dans le parcours d’une triste étoile filante…

u (1) l’intégralité du concert est visible sur YouTube

Philippe Cornet

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